Huw Jones, la recrue atypique de Toulon révélée en Afrique du Sud
Huw Jones, la recrue atypique de Toulon révélée en Afrique du Sud

Huw Jones, trois-quarts centre international écossais de 32 ans (63 sélections), rejoint le Rugby Club Toulonnais à l'été 2026 après un parcours atypique : boudé par les académies anglaises, il s'est révélé en Afrique du Sud avant de devenir l'un des meilleurs joueurs européens.

Un parcours forgé par l'exil

Né à Édimbourg le 17 décembre 1993, Huw Jones a grandi à Canterbury, dans le Kent, où il a développé très tôt un esprit de compétition, notamment grâce à son frère aîné. Envoyé à Millfield, une école privée réputée dans l'ouest de l'Angleterre, il y a affiné son jeu : petit jusqu'à 16 ans, il jouait demi de mêlée et cherchait toujours l'espace pour éviter les plaquages. « Je me figurais une ligne de course à l'extérieur du champ de vision de l'adversaire pour venir couper et exploiter l'angle mort », explique-t-il.

À la fin du lycée, aucune académie anglaise ne lui propose de contrat. « Ce n'était pas réaliste de penser que j'allais devenir un joueur professionnel », admet-il. Refusant des offres universitaires, dont celle de Swansea pour étudier l'histoire, il s'envole seul pour Le Cap, en Afrique du Sud, où il travaille comme coach de rugby dans une école et joue dans le club amateur de False Bay.

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La révélation en Super Rugby

En 2014, il rejoint l'équipe universitaire des Ikey Tigers, puis la Western Province et les Stormers en Super Rugby. « C'était complètement fou. En Angleterre, beaucoup n'arrivaient pas à le croire », raconte-t-il. Son talent attire l'attention de Gavin Vaughan, analyste vidéo des Glasgow Warriors, qui le repère grâce aux drapeaux sur les feuilles de match : « Il n'y avait que des drapeaux sud-africains… à l'exception du mien. »

Vern Cotter, alors sélectionneur de l'Écosse, lui offre sa première cape le 25 juin 2016 au Japon, alors qu'il n'a jamais joué professionnellement dans l'hémisphère Nord. « Au départ, je crois que les gars de l'équipe nationale pensaient que j'étais sud-africain », plaisante-t-il. Après avoir remporté la Currie Cup en 2017, il rejoint Glasgow, où les débuts sont difficiles à cause de blessures.

Un palmarès impressionnant

Après une arrivée avortée à Bayonne en 2021-2022, il signe aux Harlequins de Londres, une année qu'il considère comme « la plus importante de [sa] carrière ». De retour à Glasgow, il devient un cadre du XV du Chardon, remporte le United Rugby Championship en 2024, joue trois matchs avec les Lions britanniques et irlandais en 2025, et figure dans le XV de l'année World Rugby 2025.

Passionné d'histoire, il puise son inspiration dans les grands personnages comme Gengis Khan. « J'aime en apprendre plus sur les grands personnages historiques, les grands leaders », confie-t-il. À Toulon, il espère s'adapter au jeu français et apporter son expérience unique.

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