Cap’tain Sesse, 62 ans, boucle la Via Alpina à Monaco après 1450 km
Cap’tain Sesse boucle la Via Alpina à Monaco

Après 53 jours de marche et 1450 kilomètres parcourus, Didier Sessegolo, 62 ans, a atteint Monaco ce vendredi 18 septembre 2026, concluant ainsi la Via Alpina. Parti d’Oberstdorf en Allemagne, cet habitant de Bouyon a franchi le point final de ce réseau de sentiers sur la place du Palais princier, sous les yeux de deux amies venues l’accueillir.

Un défi XXL bouclé sans jour de repos

« Celle-là, c’était la plus dure. On est arrivé, c’est top ! » s’est exclamé le marcheur, sac à dos rafistolé et teint doré, à 10 h 20 précises. Le sexagénaire a avalé 88 000 mètres de dénivelé positif, soit « dix fois l’Everest », sans jamais s’accorder de journée de répit. Un exploit qui s’ajoute à un palmarès déjà impressionnant.

Ce défi s’inscrit dans un projet plus vaste : parcourir les cinq itinéraires de la Via Alpina. Avec cette étape, Didier Sessegolo totalise désormais 4355 kilomètres et 235 450 mètres de dénivelé positif en trois saisons. « En trois saisons, je totalise 4355 km pour 235 450 m de dénivelé positif ! », s’amuse-t-il, à quelques semaines de la retraite.

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Un mental d’acier et un corps de « super machine »

Depuis 2012, ce chef d’entreprise de travaux acrobatiques détient le record de la plus longue distance sur la No Finish Line Monaco : 1041 kilomètres en huit jours. Un exploit qui repose sur des prédispositions physiques, un entraînement rigoureux et surtout « beaucoup de mental ». « Le corps est une super machine, il s’adapte. Le mental peut le booster, mais il faut lui laisser le temps de récupérer », explique-t-il.

Pour durer, le marcheur privilégie la légèreté : une tente pour bivouaquer, un sac de onze kilos, un peu de nourriture et un litre d’eau. Ni réchaud, ni superflu, ni planning. « La liberté », résume ce sexagénaire « un peu rebelle dans la société actuelle ». Chaque journée type représente 8 à 10 heures de marche, 30 kilomètres et près de 2000 mètres de dénivelé positif. « L’avantage de faire de grosses étapes, c’est que j’ai besoin de beaucoup moins de nourriture », précise-t-il.

Des aléas surmontés et des rencontres marquantes

L’aventure n’a pas été sans embûches. En 2024, un ours est venu rugir près de sa tente. L’an dernier, une intoxication alimentaire due à un saucisson mal conservé a stoppé son périple. Cette année, des baskets non livrées en Suisse ont mis ses pieds à rude épreuve. Autant d’incidents qui font sourire « Cap’tain Sesse », surnom donné par ses compagnons de Mission Trekkeurs, association solidaire créée après la tempête Alex en 2020.

Chef d’équipe au sein de cette structure, il est salué par Anne-Laure Carrega, vice-présidente : « Il est modeste, malgré ses capacités incroyables. Il est authentique, tourné vers les autres. » Marie Naes, amie rencontrée lors des courses en Principauté, ajoute : « Il est inspirant, très généreux dans son partage d’expérience... et bon vivant. » Son fils Flavio l’a rejoint dans la vallée des Merveilles pour la dernière ligne droite.

Didier Sessegolo a partagé son périple sur les réseaux sociaux, avec de magnifiques photos. « Pour partager la beauté de ce que je vois, montrer combien la nature est belle et donner envie aux gens », explique-t-il. Les internautes lui répondent : « Tu nous fais rêver ! », saluant son « obstination positive ».

De nouveaux horizons après Monaco

Deux ans après le départ de Trieste, l’arrivée à Monaco marque un aboutissement. Mais déjà, « Cap’tain Sesse » songe à de prochains défis : un Venise-Monaco, le Kilimandjaro et le Népal. D’autres horizons, d’autres évasions, et d’autres sources d’inspiration pour le commun des bipèdes.

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