La Lance Sportive Sétoise (LSS), deuxième plus ancienne société de joutes de Sète, a vécu un Grand Prix des lourds placé sous le signe de la convivialité, ce lundi 25 août sur le Cadre royal. Une cinquantaine de supporters ont pris place sur les barques rouge et bleu du club, positionnées au pied des tribunes, pour encourager leurs six représentants dans le tournoi. Le club fête cette année son 105e anniversaire, fort d'un palmarès qui compte plusieurs Grand Prix, le dernier remporté en 2003 par Sébastien Abellan.
Une ambiance familiale sur les barques
Contrairement aux sociétés voisines, la Lance Sportive Sétoise ne mise pas sur le bruit pour soutenir ses jouteurs. Pas de fumigènes ni de tambours, mais une atmosphère chaleureuse, comme le souligne Amélie, une supportrice : « On a un esprit très familial et amical. C’est plutôt calme sur nos barques, il y a beaucoup d’enfants qui se baignent autour. » Les Palavasiens et Frontignanais, réputés plus bruyants, ne font d'ailleurs pas la fête depuis cinq jours, contrairement aux membres de la LSS.
Un junior parmi les lourds
Le premier jouteur de la LSS à entrer en lice, Lorenzo Scannapieco, a renversé André Perez de la Pointe Courte avant d'être éliminé par le tenant du titre Mickaël Wolff. Plus tard, le jeune Gabriel Rojas, âgé de 16 ans, a fait ses débuts chez les lourds. Vainqueur du tournoi des juniors dimanche, il a été acclamé par tout le Cadre, y compris par les supporters palavasiens. « Sur la tintaine, les encouragements sont plutôt sourds, je suis concentré », a-t-il expliqué. Fils de Fabien Rojas, président de la société, Gabriel portait le costume traditionnel des juniors, distinct de celui de ses confrères. Opposé au ponte agathois David Lopez, il a effectué une belle cabriole, mais sans surprise, avant de savourer cette première passe dans l'arène des grands.
Des espoirs et une déception pour la LSS
Pierre Ostalrich, finaliste junior de la veille, a également participé au tournoi. « Ça fait huit ans que je n’avais pas jouté, j’ai repris cette année et j’ai bien fait », a-t-il confié, avant d'être éliminé rapidement. Le patron de la société, Fabien Rojas, a suscité un espoir de revanche en renversant ses deux premiers adversaires. Ses amis sur la barque ont exulté, et son fils Gabriel, bras en l’air et sourire aux lèvres, y croyait. Mais Fabien Rojas a chuté face à son troisième adversaire. « J’ai été court, je n’ai pas été bon, je n’ai pas assez jouté là », a-t-il pesté. Le jouteur expérimenté compte trente-deux Saint-Louis et deux finales de Grand Prix à son palmarès.
Un club qui se choisit de famille ou par amitié
Les supporters de la LSS se retrouvent souvent au Black Pearl, leur repère, à deux pas des barques. Un drapeau de la société est d'ailleurs accroché dans ce bar convivial. « C’est généralement une société qui se choisit de famille, détaille Eric, membre depuis trois ans. Et lorsqu’on n’est pas issu de famille de jouteurs, on vient à la Lance Sportive par amitié. »
La joyeuse bande prolongera les festivités du 26 au 30 août pour le 105e anniversaire de la société. « C’est notre festivité chaque année après la Saint-Louis, sourit Quentin, le vice-président. On n’a pas le temps de se reposer. »



