L'âge de la femme enceinte constitue le principal facteur de risque de fausse couche, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée mercredi. Cette analyse, qui s'appuie sur deux enquêtes et des données administratives du Système national des données de santé, révèle que les interruptions involontaires de grossesse ne sont pas liées au niveau de diplôme ou à la situation financière des femmes.
Des risques qui augmentent nettement avec l'âge
L'étude indique qu'entre 10 et 14 % des grossesses se terminent par une fausse couche. La grande majorité de ces interruptions surviennent pendant le premier trimestre de la grossesse, seuls 8 % se produisant après 14 semaines d'aménorrhée. Chez les femmes de moins de 20 ans, la probabilité qu'une grossesse se termine par une fausse couche est « relativement élevée », dépassant 10 %.
Les données montrent une progression significative du risque avec l'âge : 8 % des grossesses se terminent par une fausse couche chez les femmes enceintes de 35 ans, une proportion qui atteint 14 % pour celles survenues à 40 ans et 23 % à 45 ans.
Une prise en charge jugée inadaptée aux urgences
L'étude pointe également que la prise en charge aux urgences gynécologiques « est souvent vécue comme inadaptée par celles qui y sont accueillies » pour une fausse couche. Les chercheuses et chercheurs de l'Ined relèvent un « décalage » entre les « attentes » de ces patientes et « les soins qui leur sont délivrés ».
Les femmes concernées regrettent notamment une prise en charge dans un environnement hospitalier « parfois peu adapté », dans un service qui accueille aussi des femmes enceintes ou en train d'accoucher. Elles déplorent également un manque d'information sur le déroulé des soins et une absence de suivi médical.
Vers une évolution des recommandations
« Ces constats soulignent la nécessité de repenser les soins délivrés lors d'un arrêt précoce de grossesse », souligne l'étude, qui relève une « amorce » de « changement », avec la publication prochaine de nouvelles recommandations. Cette évolution pourrait permettre d'améliorer la prise en charge des femmes confrontées à une fausse couche, un phénomène encore mal connu malgré son ampleur.



