Cet été, dans le massif du Mercantour, une quinzaine d'adolescents atteints de diabète de type 1 ont relevé un défi de taille : gravir plusieurs sommets. Encadrés par des soignants et des accompagnateurs en montagne, ils ont marché pendant plusieurs jours, bivouaqué sous les étoiles et partagé des moments intenses. Pour beaucoup, c'était une première. « Jamais je n'aurais pensé être capable de faire ça », confie l'un d'eux, émerveillé par son exploit.
Un projet thérapeutique et sportif inédit
Cette aventure, organisée par une association spécialisée dans l'accompagnement des jeunes diabétiques, visait à montrer que la maladie n'est pas un obstacle à la pratique sportive. Les adolescents ont appris à gérer leur glycémie en conditions extrêmes, avec l'aide de leurs capteurs et de leurs pompes à insuline. Les soignants présents ont adapté les doses en fonction de l'effort et de l'altitude, une première pour certains.
Le parcours, long de plusieurs dizaines de kilomètres, a été ponctué de montées raides, de passages en crête et de descentes techniques. Les participants ont également découvert la faune et la flore locales, avec des explications sur la biodiversité du parc national du Mercantour. Une manière de lier l'effort physique à la découverte de l'environnement.
Des progrès visibles sur la gestion de la maladie
Au fil des jours, les adolescents ont gagné en autonomie et en confiance. Ils ont appris à anticiper les hypoglycémies, à ajuster leurs repas et à communiquer sur leurs ressentis. Les éducateurs spécialisés ont noté une amélioration significative de leur connaissance de la maladie et de leur capacité à en parler. « C'est un déclic pour beaucoup, ils repartent avec une autre vision de leur diabète », explique une infirmière du groupe.
L'expérience a aussi été l'occasion de créer des liens forts entre les jeunes, souvent isolés face à leur pathologie. Les soirées autour du feu ont permis des échanges sur leur quotidien, leurs craintes et leurs espoirs. Un sentiment de solidarité s'est installé, renforcé par la difficulté partagée des montées.
Un impact durable au-delà de la randonnée
De retour chez eux, les adolescents ont témoigné d'une plus grande aisance dans la gestion de leur traitement. Certains envisagent désormais de se lancer dans d'autres sports, comme le vélo ou la course à pied. Les parents, eux, ont constaté une meilleure communication sur la maladie au sein de la famille.
Cette initiative, soutenue par des professionnels de santé et des financements publics, pourrait être renouvelée l'an prochain. Elle s'inscrit dans une démarche plus large de dédramatisation du diabète et de promotion de l'activité physique, essentielle pour la santé des jeunes patients. Une preuve que les sommets sont accessibles, même avec une maladie chronique.



