Le Niort Rugby Club plonge dans la tourmente financière
Le pilier gauche Florian Bougerol, formé au Stade Rochelais, a appris ce mardi une nouvelle dévastatrice : le Niort Rugby Club, classé 7e de Nationale, n'a plus les moyens financiers de poursuivre sa saison. Il raconte le cauchemar vécu par les joueurs deux-sévriens, alors que le club doit passer devant le tribunal de commerce le 10 mars.
Une ascension brutalement interrompue
Le 22 novembre 2025, lors de la 12e journée de Nationale, Florian Bougerol célébrait sa 100e sortie sous le maillot niortais. Formé au Stade Rochelais de 2014 à 2020, ce pilier gauche de 28 ans s'était engagé avec le NRC en 2020 et faisait figure d'ancien dans un effectif comptant de nombreux anciens Rochelais.
Le 28 février, lors de son 108e match pour les couleurs deux-sévriennes, personne n'imaginait que la victoire face à Massy (22-19) serait la dernière. Cette rencontre semblait pourtant valider le maintien d'un promu épatant, solidement installé à la 7e place du 3e échelon national.
L'annonce brutale du forfait
Le mardi suivant, le choc est total : le Niort Rugby Club annonce son retrait de la compétition pour des raisons financières. Il s'agit du deuxième forfait général après celui de Tarbes, une décision qui a profondément choqué le staff et l'effectif niortais.
« On ne sait rien, sinon que mardi, la direction est arrivée, nous a dit 'voilà, c'est terminé' », confie Florian Bougerol au journal Sud Ouest, revenant sur cette semaine cauchemardesque.
L'incompréhension des joueurs
Interrogé sur son état d'esprit quelques jours après l'annonce, le pilier gauche ne cache pas sa détresse : « C'est très compliqué parce que franchement, nous ne nous attendions pas à ça. On a pris un sacré coup derrière la tête. Personnellement, j'ai l'impression d'être dans un rêve, que je vais me réveiller et que ça va se remettre d'aplomb ».
Contrairement à Tarbes, les joueurs niortais n'avaient rien vu venir : « On n'a vraiment rien entendu, rien appris. Il y a juste eu des bruits il y a trois semaines, mais avant que ça nous tombe dessus mardi matin, on n'a rien vu venir ».
Un déficit financier opaque
Les joueurs ignorent l'ampleur exacte du déficit du club, alors que Midi Olympique évoquait une somme comprise entre 600 000 et 800 000 euros. « Pas du tout. On n'en sait vraiment pas plus alors qu'on fait tout pour essayer de se battre, de trouver des solutions, même si c'est très compliqué », déplore Bougerol.
La colère et le sentiment de trahison
À l'abattement s'ajoute une profonde colère parmi les joueurs : « Bien sûr, il y a de la colère. On est tous en colère, on se sent trahis : il y a trois semaines, on nous dit qu'on ne risque rien et qu'on peut finir la saison. Et là, ça nous tombe sur la tête ».
Le pilier gauche compare la situation à celle de Marcq-en-Barœul, qui avait communiqué ses difficultés en décembre et avait pu chercher des solutions : « Nous, nous étions prêts à tout entendre. Nous sommes passés par tellement de moments de joie ou de moments compliqués. Mais que la direction ne soit pas venue nous voir pour nous dire qu'il y avait des difficultés... On aurait pu trouver des solutions, tout le monde se sent bien au club, aime ce club ! ».
La mobilisation des joueurs
Malgré l'annonce brutale, les joueurs ne baissent pas les bras : « Exactement. Nous sommes un petit groupe de joueurs qui s'appellent, qui essaient de faire bouger les choses, nous allons manger avec des partenaires... Si c'est terminé mardi, on veut avoir la tête haute et avoir tout fait pour essayer de trouver quelque chose ».
Une saison exceptionnelle gâchée
La situation est d'autant plus difficile à vivre que le promu niortais réalisait une saison exceptionnelle : « C'est ça qui est encore plus terrible ; la saison est extraordinaire, le maintien était validé avec une victoire à la dernière minute contre Massy. Tout était beau, tout était rose et mardi, quand ça tombe comme ça... ».
L'incertitude pour l'avenir
Face à cette situation, les joueurs doivent également penser à leur avenir professionnel : « Oui, d'autres clubs sont venus, on a prévenu nos agents, parce qu'il y a aussi notre vie à côté, il faut qu'on puisse anticiper. Mais pour l'instant, on attend le 10 mars. Mardi, j'étais assommé, je ne savais plus. Là, je ne dors pas la nuit, je me pose 50 000 questions, c'est très dur ».
Parmi les anciens Rochelais affectés par cette situation, on retrouve le manager Damien Neveu, le capitaine César Baudin, ainsi que les joueurs Michel Himmer, Elouan Troadec, Mathis Brunet, Anthony Fuertes, Raphaël Sanchez, Tom Marché et Maxime Tetlow. Tous partagent le même désarroi face à l'effondrement soudain d'un club qui promettait tant.



