Le E-Prix de Monaco, porté par la Formule E, investit le circuit de la Principauté ce samedi 16 et dimanche 17 mai. Créée il y a douze ans, la Formule E allie proximité avec ses fans et performance dans une optique de durabilité, contribuant ainsi à faire évoluer les mentalités.
Aux origines d’une compétition
En 2014, la Formule E est fondée sur un constat simple : l’électrique faisait son apparition sur les routes et il fallait suivre cette tendance. Le président de la Fédération internationale automobile (FIA) de l’époque, Jean Todt, et le promoteur Alejandro Agag ont porté cette volonté, soutenue par les constructeurs. Les objectifs sont doubles : anticiper les barrières à l’adoption du véhicule électrique pour les usagers du quotidien et organiser les courses en ville pour promouvoir la durabilité. En Formule 1, l’écosystème autour des circuits pollue beaucoup plus qu’en Formule E.
Une base commune pour réduire les coûts
Dans une optique de réduction des coûts et de l’empreinte carbone, tous les constructeurs travaillent sur le même modèle de voiture, contrairement à la F1. La voiture est fournie par Spark Racing Technology à l’ensemble des écuries participantes, et la batterie est également commune. C’est sur l’implémentation de logiciels propres à chaque monoplace que la différence se fait ensuite sur le circuit.
Premier sport « neutre en carbone »
En 2020, les efforts environnementaux de la Formule E ont porté leurs fruits : elle est devenue le premier sport labellisé neutre en carbone. Cette distinction a été obtenue grâce à des actions concrètes, comme la réduction de la logistique de trois à deux avions, diminuant l’empreinte carbone de 25 %. Depuis 2017, la Formule E est partenaire du programme des Nations unies pour l’environnement visant à améliorer la qualité de l’air en ville. Les déplacements des spectateurs sont également étudiés : aucun parking individuel n’est offert aux fans, et l’électricité pour charger les monoplaces est générée par des générateurs fonctionnant au biofioul, un déchet d’huile de friture transformé en fioul renouvelable.
Écuries et prestataires jouent le jeu
Les écuries et prestataires partagent cet esprit. Mahindra Racing récupère les pièces de carbone issues d’accrochages en course pour les transformer en éléments de voitures de ville électriques pour le marché indien. Hankook, fournisseur de pneus, utilise 35 % de matériaux recyclés et durables pour les pneus de la Gen3 Evo. Les fournisseurs de minerais respectent un cahier des charges éthique et durable, et 10 % des minerais bénéficient d’une seconde vie.
Le management d’énergie
Le management d’énergie fait partie de l’ADN de la Formule E. Les monoplaces ont une quantité d’énergie limitée dans leur batterie, et les pilotes doivent optimiser leur utilisation pour aller le plus vite possible sans tomber en panne. Depuis trois ans, un moteur à l’avant récupère l’énergie à hauteur de 50 %. En qualifications, en revanche, pas de gestion d’énergie, les pilotes se concentrent sur leurs trajectoires. Le groupe ABB, partenaire de la FE, a développé un logiciel pour surveiller et analyser la production totale d’énergie liée aux courses, maximisant ainsi l’efficacité énergétique des opérations sur site.
Actions caritatives et féminisation
La durabilité ne concerne pas seulement l’environnement, mais aussi la lutte contre les inégalités. La Formule E soutient des initiatives locales : à Monaco, le programme « Better Futures Fund » soutient la Fondation Princesse Charlène dans son programme de sécurité aquatique. Vingt-cinq mille euros sont attribués à un projet dans chaque ville, avec un appui de bénévoles et un accès aux événements FE. Durant ce E-Prix, plus d’une centaine de jeunes filles découvriront les coulisses de la FE et seront sensibilisées aux métiers possibles. Depuis le lancement du programme, plus de 5 000 jeunes femmes ont été accompagnées à travers le monde.



