Mamuka Mstoiani tourne la page à Agen après cinq années formatrices
Le pilier géorgien de 24 ans, récemment sélectionné avec la Géorgie, quittera le SU Agen en fin de saison. Il compte bien profiter pleinement de ses derniers mois au sein du club qui l'a vu grandir depuis son arrivée en 2021. Mamuka Mstoiani n'a plus joué avec le SUA depuis le 30 janvier et la réception victorieuse de Nevers, mais pour une excellente raison.
Une première expérience internationale avec la Géorgie
Depuis cette victoire bonifiée (53-7), le joueur était occupé à défendre les couleurs de son pays dans le cadre du Rugby Europe Championship, considéré comme le Tournoi des Six Nations B. Le pilier gauche, capable d'évoluer également à droite de la mêlée, y a disputé deux rencontres : une rencontre de poule contre les Pays-Bas, avec un essai à la clé lors d'une victoire 61-12, puis, un mois plus tard, la grande finale contre le Portugal.
Alors que les Lelos avaient remporté les huit éditions précédentes, ils se sont inclinés 19-17. « Ça arrive, relativise le jeune Agenais. Dans le sport, il y a toujours des échecs. On avait très bien débuté le match et je ne sais pas expliquer ce qu'il s'est passé par la suite. Mais je suis sûr que l'on va en ressortir plus forts. »
La fierté de porter le maillot national
De cette aventure européenne, il préfère retenir le positif : l'ouverture de son compteur de sélections. Une immense fierté, surtout à un poste où les talents abondent et la concurrence est intense. « Cela a toujours été mon rêve de jouer pour la Géorgie, reconnaît-il. Je suis fier d'avoir pu porter ce maillot, devant ma famille et mes amis. Ça fait toujours plaisir de jouer pour son pays. »
Il fera tout pour y regoûter, alors que se profile la Coupe du monde en Australie l'an prochain. Il peut déjà apprécier le chemin parcouru depuis son arrivée à Agen à 19 ans. « À l'époque, je ne parlais ni français, ni anglais, sourit-il. Je suis arrivé à 19 ans et c'est ici que j'ai grandi. »
Une intégration réussie et des progrès constants
Au sein des Espoirs dans un premier temps, aux côtés de Julien Lebian et Valentin Gayraud notamment, il a connu une période d'adaptation avant de s'épanouir. Aujourd'hui, Mamuka Mstoiani maîtrise parfaitement la langue française et les fondamentaux du poste. Ses coéquipiers soulignent ses qualités :
- Une excellente mêlée
- Une bonne mobilité et une maîtrise du ballon
- Un bon plaqueur
« Il est bon dans tous les domaines », résume Valentin Gayraud.
Un départ pour Colomiers et une fin de saison à savourer
Ces atouts ont séduit le club de Colomiers, que le pilier géorgien rejoindra à l'intersaison. Une situation qui ne le laisse pas indifférent. « C'est ma dernière saison et je veux prendre un maximum de plaisir », affirme-t-il, sans s'épancher davantage sur ses sentiments.
Il lui reste sept journées de Pro D2 pour en profiter, à commencer par le déplacement à Béziers ce vendredi soir, où il sera remplaçant. « Il faut aller chercher la victoire, souligne-t-il. Il ne reste pas beaucoup de journées et il faut tout donner pour rester en bonne position. »
L'objectif des phases finales et la solidarité géorgienne
Pour la première fois depuis ses débuts en professionnel, le SUA peut raisonnablement envisager de disputer les phases finales. Mamuka Mstoiani y croit : « Pour cela, il faut bosser. Cette semaine à l'entraînement, franchement, on a tout donné. Et je suis sûr que le travail paye. »
Le joueur a tissé des liens forts avec ses compatriotes Lasha Macharashvili et Omar Odishvili à Agen. « En Géorgie, on est comme ça ; on a grandi de la sorte. Il y a beaucoup d'amour entre nous. On est très très proches, entre joueurs comme avec les familles. Nous ne sommes pas beaucoup et c'est quelque chose de très important. On est toujours là les uns pour les autres. »



