La Rochelle renforce son jeu au pied avant l'affrontement crucial contre Bayonne
La Rochelle améliore son jeu au pied avant Bayonne

La Rochelle transforme son jeu au pied avant le choc contre Bayonne

Depuis deux rencontres consécutives, les Jaune et Noir de La Rochelle ont radicalement amélioré leur jeu au pied, affichant une longueur et une précision supérieures à celles observées ces derniers mois. Cette évolution tactique n'est pas sans conséquences et devra être maintenue ce samedi soir à 21 heures face à Bayonne, une équipe réputée pour ses compétences dans ce domaine spécifique.

Des statistiques qui confirment l'évolution

L'impression visuelle a été solidement étayée par les données chiffrées et les témoignages des joueurs rochelais eux-mêmes. Le 28 février à Castres, au-delà de leur défense solide et de leurs offensives balle en main, les Jaune et Noir ont bâti leur victoire (21-36) sur un jeu au pied particulièrement intéressant, paraissant nettement plus long que lors des mois précédents.

Avec 926 mètres parcourus en 28 coups de pied, soit une moyenne impressionnante de 33 mètres, les hommes de l'entraîneur Ronan O'Gara ont fait grimper leur moyenne générale à 29,8 mètres avant la 19e journée contre Pau. Face aux Béarnais (victoire 20-6), ils ont maintenu ces standards élevés avec 32 mètres par coup de pied.

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Ces améliorations techniques, bien que semblant subtiles, transforment profondément la dynamique du jeu en forçant l'adversaire à reculer davantage et en augmentant la pression défensive. Cet aspect sera déterminant ce samedi pour contrer une équipe de Bayonne qui excelle particulièrement dans ce secteur, notamment grâce aux frappes précises de Cheikh Tiberghien et Joris Segonds.

Une approche collective et stratégique

« Quand les avants lèvent la tête et que ceux qui ont joué au pied ont trouvé 'l'herbe', ou réalisé des 50-22, c'est sûr que ça fait du bien à tout le monde, ça amène de l'énergie pour jouer dans les bonnes zones », explique Rémi Talès, responsable des arrières.

« Une des plus grandes armes du rugby a toujours été la précision des coups de pied. C'est facile de taper, mais on a besoin de le faire avec précision », insiste son manager, lui-même ancien ouvreur.

Ronan O'Gara développe cette analyse stratégique : « Antoine Hastoy était très bien à Castres, Nolann Le Garrec aussi, le mélange des deux est super intéressant. Vous ne l'avez pas trop vu mais Ugo Pacome travaille dans l'ombre avec un bon pied gauche. C'est un ingrédient nécessaire dans le rugby moderne d'avoir des gauchers et des droitiers, de la longueur, de la hauteur, des coups de pied offensifs. Antoine a trouvé de l'air souvent contre Castres, il lui a fait mal. »

L'impact climatique et l'héritage de Dulin

Nolann Le Garrec confirme cette progression collective : « On est bien organisé sur le partage des jeux au pied. Antoine a fait aussi deux bons matchs dans ce domaine-là, il a donné de l'air à l'équipe. On a trouvé des bons repères ensemble de ce côté-là, il faut que ça continue. »

Antoine Hastoy met quant à lui en avant l'influence des conditions météorologiques : « C'est l'été ça, les ballons chauds, ça permet plus de longueur et ça fait du bien. C'est quelque chose que je travaille ; peut-être que j'étais un peu moins bien dans ce secteur mais sur ces deux matchs, j'ai essayé de montrer un peu plus. Et c'est quelque chose qu'on bosse collectivement. »

Rémi Talès apporte une perspective technique supplémentaire : « Je pense surtout que 'Totoy' a retrouvé la longueur depuis quelques semaines. Forcément, le 10 est celui qui est le plus exposé, qui tape le plus. Après, ça dépend de la stratégie. Quand il pleuvait, on avait plutôt tendance à mettre des duels sur des ballons de 'contest', ce qui fait qu'on voit moins de longueur. Avec les temps secs, les ballons répondent mieux et c'est vrai qu'on va chercher plus l'herbe, donc la longueur. »

Malgré ces progrès, La Rochelle reste moins dangereuse dans ce secteur depuis le départ à la retraite de l'arrière Brice Dulin, dont la qualité exceptionnelle (du pied gauche comme du droit) pour trouver des 50-22 et déstabiliser les rideaux défensifs adverses n'a pas été remplacée. Aucun arrière actuel du Stade Rochelais ne possède une telle capacité.

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« Le problème c'est qu'on était très mal habitué avec 'Dudule'. C'était un maître en la matière l'année dernière, celui qui avait le plus de 50-22 du championnat. Mais c'est quand même un exercice qui est rare malgré tout », tempère Rémi Talès.

Cela n'a cependant pas empêché les Jaune et Noir d'enchaîner deux victoires consécutives, mais la confirmation de cette amélioration technique devra être apportée ce samedi à Saint-Sébastien face à une redoutable équipe de Bayonne.