Le XV d'Italie, une menace réelle pour les Bleus dans le Tournoi des Six Nations
Italie : une progression constante qui inquiète la France

Le XV d'Italie, une menace réelle pour les Bleus dans le Tournoi des Six Nations

Longtemps considérée comme la lanterne rouge du Tournoi des Six Nations, la Squadra Azzurra dirigée par Gonzalo Quesada affiche une progression constante depuis deux ans. « Si je devais faire une prédiction, je dirais que l'Italie terminera deuxième ou troisième du Tournoi des Six Nations », déclare même Rassie Erasmus, sélectionneur de l'Afrique du Sud. Les Italiens, qui n'ont jamais fait mieux qu'une quatrième place en 2007 et 2013, semblent avoir définitivement tourné la page des années où ils se contentaient de figuration.

Au moment d'affronter les Bleus ce dimanche à Lille, les Transalpins arrivent avec un bilan encourageant : une victoire contre l'Écosse (18-15) et une défaite bonifiée en Irlande (20-13) où ils menaient à la mi-temps. Le XV de France devra absolument prendre cette rencontre au sérieux, car l'Italie n'est plus l'adversaire facile d'antan.

Gonzalo Quesada a ramené équilibre et pragmatisme

Gonzalo Quesada a pris les rênes de la sélection italienne après la Coupe du monde, et son bilan parle pour lui. Avec près de 42% de victoires, il détient le meilleur ratio pour un sélectionneur de la Squadra Azzurra au XXIe siècle. Avant son arrivée, l'Italie accumulait huit dernières places consécutives dans le Tournoi, dont sept cuillères de bois. Sous sa direction, l'équipe a terminé deux fois à la cinquième place, avec des performances remarquables :

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  • Deux victoires contre l'Écosse et le pays de Galles en 2024
  • Un match nul en France en 2024
  • Une victoire contre le pays de Galles en 2025

Après l'ère du Néo-Zélandais Kieran Crowley (2021-2023), qui prônait un rugby très offensif parfois téméraire, Quesada a instauré un jeu plus équilibré et pragmatique. Cette approche a porté ses fruits, comme en témoigne la victoire contre l'Écosse sous des trombes d'eau. Pourtant, les moyens italiens restent limités avec seulement deux franchises professionnelles en URC (Trévise et Zebre), une disponibilité réduite pour les internationaux et des infrastructures minimales.

Grâce à une préparation physique renforcée, les Italiens ont opposé une belle résistance aux Springboks en novembre (14-32) et ont surtout remporté face à l'Australie (26-19) leur première victoire contre une nation majeure. Cette progression constante fait que leur présence dans le Tournoi ne suscite plus de débat.

Une conquête de très haut niveau

L'image la plus marquante de la deuxième journée du Tournoi reste sans doute celle de Tadhg Furlong, pilier droit de référence mondiale, littéralement soulevé par la première ligne italienne. La mêlée constitue un point fort des Transalpins, qui ont conservé 100% de leurs introductions contre l'Australie en novembre, puis contre l'Écosse et l'Irlande.

Le talonneur Giacomo Nicotera évolue au Stade Français, le pilier droit Simone Ferrari à Trévise (11e de l'URC) et le pilier gauche Danilo Fischetti joue régulièrement avec Northampton (leader de Premiership). À eux trois, ils totalisent plus de 50 sélections en moyenne. La touche italienne, bien que perfectible, a fonctionné de manière satisfaisante lors des deux premières journées (14/16 puis 15/17) et possède le meilleur contre du Tournoi avec 5 ballons volés.

Le deuxième ligne d'Exeter Andrea Zambonin excelle dans le domaine aérien, tandis que les troisième ligne Manuel Zuliani et Michele Lamaro ont déjà subtilisé deux lancers adverses chacun. « Ils ont développé leur conquête à un très haut niveau, qui permet de mettre une grosse pression sur les équipes adverses », souligne Laurent Sempéré, co-entraîneur de la conquête française.

Une ligne de trois-quarts à surveiller de près

L'Italie a reçu une excellente nouvelle cette semaine : Ange Capuozzo, de retour de blessure, s'entraîne avec le groupe et pourrait jouer contre la France. Les qualités de vitesse et d'instinct du Toulousain (16 essais en 31 matchs) ne sont plus à démontrer.

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Il compléterait ainsi un triangle arrière où évoluent l'expérimenté Monty Ioane et Louis Lynagh (25 ans, 10 sélections), fils de l'ancien demi d'ouverture australien Michael Lynagh. Cet ailier, reconnaissable par sa coupe de cheveux et son style spectaculaire et aérien, représente un danger réel avec 10 essais en 13 matchs cette saison.

Au centre, le futur Toulousain Tommaso Menoncello réalise un début de Tournoi irréprochable, tandis que le Toulonnais Ignacio Brex reste absent pour raisons familiales. En Irlande, il a été remplacé par Leonardo Marin, moins costaud mais polyvalent.

Statistiques notables de l'Italie dans le Tournoi :

  1. 1er au nombre de touches volées (5)
  2. 1er au nombre de plaquages réussis (395)
  3. 2e au nombre de touches conservées (29)
  4. 2e au nombre de passes après contact (15)
  5. 2e au nombre de plaquages dominants (27)
  6. 3e au nombre de plaquages manqués (59)

Performances individuelles remarquables :

  • Giacomo Nicotera : 1er au nombre de lancers en touche réussis (19)
  • Lorenzo Cannone : 1er au nombre de plaquages (37)
  • Niccolo Cannone : 2e au nombre de plaquages (35)
  • Manuel Zuliani : 2e au nombre de turnovers gagnés (5)