La hiérarchie des centres de l'équipe de France en pleine évolution après le Six-Nations
Les blessures, le nombre de centres utilisés, et la profondeur du réservoir en équipe de France ont rendu la hiérarchie au poste plus mouvante à l'issue du Tournoi des Six Nations. Cette situation crée une concurrence intense et redessine les perspectives pour les joueurs concernés.
Le bilan mitigé d'Émilien Gailleton
Pour Émilien Gailleton, ce deuxième Tournoi de rang avec le XV de France permet d'étoffer son palmarès, mais le bonheur n'est pas complet. « Je suis déjà très heureux de retrouver le groupe palois et le soleil. On n'en a pas beaucoup eu à Marcoussis », confie-t-il avec humour. Cependant, une part de frustration subsiste : « Il y a bien sûr une part de frustration liée au fait de ne pas avoir été emmené en Écosse, de ne pas être rentré contre l'Angleterre… ».
Malgré cela, le joueur garde une vision positive : « Je suis quand même très heureux d'avoir cumulé du temps de jeu. En prenant un peu de recul, je me dis que j'étais encore blessé au début du Tournoi et que je suis ensuite très vite appelé. Je ne suis pas encore le choix n°1, mais je suis aussi très content vis-à-vis de ces sélections malgré mon retour de blessure à l'épaule ».
Une réintégration rapide et des opportunités saisies
Interrogé sur sa réintégration rapide après sa blessure, Gailleton explique : « J'ai eu la chance de monter après les blessures des centres bordelais. On ne souhaite jamais le malheur des coéquipiers, mais il faut savoir saisir les opportunités. J'étais super heureux d'être aligné face au pays de Galles et à l'Italie, surtout avec Fabien en premier centre ».
Cette complicité avec son partenaire de club, Fabien Brau-Boirie, facilite les choses : « Cela facilite plein de choses en termes d'automatismes. J'ai pas mal changé de fois de premier centre en équipe de France. Les repères n'étaient pas tout le temps les mêmes. De pouvoir jouer avec Fabien, que je côtoie au quotidien, est évidemment facilitant ».
Une hiérarchie mouvante et compétitive
Sur quatre des cinq journées du Six-Nations, Fabien Galthié a titularisé une paire de centres qui évolue ensemble en club. Gailleton nuance : « C'est plus le fruit du hasard, des circonstances. Il a quand même sa hiérarchie en tête. Elle n'est pas figée sur le long terme, mais je pense qu'au début du Tournoi, il a la paire de centres bordelais en tête ».
Le joueur ajoute : « Quand les deux se sont blessés face à l'Irlande, avec Fabien, on a saisi l'opportunité. Ils ont été reconduits lorsqu'ils étaient aptes, en Écosse. La complémentarité d'équipiers en club doit jouer dans le choix du sélectionneur, mais il y a quand même une hiérarchie établie ».
Cette hiérarchie semble toutefois plus mouvante qu'au début du Tournoi. Gailleton précise : « Le discours du sélectionneur, c'est qu'au final, il faut aller chercher chacune de ses sélections. Toutes les cartes sont rebattues à chaque match, Fabien Galthié le dit de lui-même. Si on part de ce principe, tout est forcément remis en jeu après ce Tournoi ».
La concurrence est féroce : « Le fait que beaucoup de joueurs ont accumulé du temps de jeu au poste de n°12 et de 13 peut donner des idées. La concurrence est énorme à ce poste, charge au sélectionneur de faire ses choix ».
Savourer la victoire et se projeter sur la suite
Malgré la reprise rapide du Top 14, Gailleton a su apprécier le succès dans le Six-Nations : « Samedi soir, dans les vestiaires, j'ai vécu un moment de joie extraordinaire. Malgré le fait que je ne sois pas rentré, j'étais tellement content de pouvoir soulever une coupe, d'avoir une médaille. Si cela peut paraître anecdotique, c'est la première fois en pro que ça m'arrive ».
Entre le club et la sélection, le joueur vit une saison prometteuse : « Collectivement, c'est la première année où on vise vraiment quelque chose avec la Section, c'est forcément beaucoup plus excitant que les années précédentes. On a un bon groupe, qui vit bien, avec plein de bons jeunes. Quant au XV de France, on sent qu'il y a quand même une génération assez particulière en termes de talent. Cela donne envie d'en profiter ».
Pour le match à venir contre La Rochelle, Gailleton reste pragmatique : « Ce serait le piège de voir plus loin par rapport à ce qu'on a. Il y a Toulouse loin devant, mais derrière, tout reste très serré. Il faut se concentrer sur le top 6, c'est l'objectif premier. On serait déjà très heureux d'être qualifiés, même si on ne cracherait évidemment pas sur la meilleure des places. Il ne faut pas se voir plus beau que ce qu'on est ».



