Un débat électoral enflammé au Casino municipal de Biarritz
Ce dimanche matin, le Casino municipal de Biarritz a été le théâtre d'un débat radiophonique particulièrement animé entre les sept candidats aux élections municipales. Les discussions, suivies par un auditoire réactif, ont rapidement pris une tournure vive lorsque la question de l'avenir du club professionnel de rugby Biarritz Olympique Pays basque (BOPB) et de son propriétaire actuel, Pierre-Édouard Stérin, a été abordée.
Un propriétaire au cœur des polémiques
Pierre-Édouard Stérin, milliardaire connu pour son financement de l'extrême droite et ses positions ultraconservatrices, ne cache pas sa volonté de promouvoir ses idées à travers le club. Son implication dans le BOPB soulève des questions sur les interférences entre le sport, la politique et les intérêts immobiliers, créant un clivage net parmi les candidats.
Positions divergentes des candidats
Serge Blanco, ancien président du club et actuel dirigeant du rugby amateur local, a rappelé que c'est Maider Arosteguy qui a fait venir Stérin. Il a souligné les difficultés persistantes du BO : « Aujourd'hui, le BO n'est pas en forme. Cela fait 30 ans que ça dure. L'équilibre financier n'a jamais été atteint et ne le sera pas avant 2032. »
Guillaume Barucq a dénoncé des « liaisons dangereuses entre la politique, le sport et l'immobilier » et a appelé à couper les liens avec le club, estimant que ce débat ne relevait pas des élus.
Richard Tardits a, quant à lui, exprimé sa confiance dans le sens des affaires et la solidité financière de Pierre-Édouard Stérin.
Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde a adopté une position neutre en déclarant : « Le BO n'est pas un parti politique », évitant ainsi de s'engager sur le fond.
Sans surprise, Michel Fournier, candidat du Rassemblement National, a défendu Stérin : « Il investit chez nous, il faut continuer, il a une philosophie qui me plaît ».
Maider Arosteguy s'est dite reconnaissante envers le milliardaire pour ses investissements et confiante dans son projet, encore non dévoilé. Elle a ajouté : « Il est fréquentable, ce n'est pas un délinquant. Les Biarrots ne posent pas cette question, ils s'en foutent ».
À l'inverse, Ana Ezcurra, une habitante de Biarritz, a fermement contesté cette vision : « Il n'est pas là pour le rugby mais pour son agenda politique. Il n'est pas le bienvenu ».
Un projet encore dans l'ombre
Le projet de Pierre-Édouard Stérin pour le BOPB reste attendu, alimentant les spéculations et les inquiétudes. Les échanges ont mis en lumière les tensions profondes au sein de la communauté biarrote, partagée entre la nécessité de soutenir le club emblématique et la méfiance envers les motivations politiques de son propriétaire.
Ce débat a ainsi révélé les fractures locales sur des enjeux dépassant le simple cadre sportif, touchant à l'identité de la ville et à ses valeurs.



