Une saison cauchemardesque pour l'Avenir Bleu et Blanc de Capestang
L'Avenir Bleu et Blanc de Capestang vient de clore une saison particulièrement difficile en Régionale 2, poule 7. Le bilan est sans appel : onze défaites pour seulement deux victoires, faisant du club la lanterne rouge de sa poule. Les chiffres parlent d'eux-mêmes avec deux forfaits (contre Nissan-Colombiers et Lieuran), une lourde défaite 7 à 95 face à Maureilhan-Montady, et un unique doublé réalisé contre Ouveillan-Cuxac, l'avant-dernier du classement (16-13 puis 18-23).
Le diagnostic sans concession du président
Olivier Palatan, président du club, analyse la situation avec franchise : "Si on est autant en difficulté, c'est parce qu'on s'est oubliés sur notre formation. Alors, on s'est repris, année après année. L'an prochain, sept Juniors devraient monter en séniors". Cette prise de conscience marque un tournant stratégique pour le club qui entend désormais miser résolument sur sa jeunesse.
Un paradoxe révélateur : des séniors en difficulté, une jeunesse dynamique
Le constat est frappant à Capestang : alors que l'équipe première a connu une saison compliquée, les catégories jeunes affichent une vitalité remarquable. Des U16 aux U19, le club compte désormais 40 jeunes licenciés dans ces catégories, qui rivalisent avec des clubs de niveau Fédéral. "À présent, nous avons 40 jeunes dans ces catégories en nom propre", souligne Olivier Palatan avec fierté.
Le président regrette cependant que ces effectifs jeunes soient souvent "le parent pauvre du continuum qui va d'une section à une autre". Il insiste : "On évoque souvent soit l'école de rugby, soit l'équipe Première, passant sous silence ceux qui, à 18 et 19 ans, sont dans des championnats qui les opposent à des clubs jouant aux niveaux supérieurs. Je veux qu'on les reconnaisse. L'ABB a toujours eu ces catégories qui nous tiennent à cœur car c'est une transmission qui se fait de génération en génération".
Une philosophie club ancrée dans la formation
La stratégie de l'Avenir Bleu et Blanc repose sur une conviction profonde : "Nous formons car on sait très bien qu'on n'aura jamais le budget pour recruter. Nous sommes obligés de former, mais nous le voulons également car on fait le choix de jouer avec nos jeunes du pays peu importe le niveau où nous évoluerons". Cette approche s'inscrit dans une vision à long terme où la formation prime sur le recrutement.
Olivier Palatan adopte une posture de dirigeant sans duplicité, particulièrement après cette saison difficile. Il évoque également l'évolution sociétale : "Je viens d'une génération où il y avait moins de contrôles chez les mineurs. À présent, on se rend compte qu'on peut instaurer des règles de vie chez des jeunes, notamment sur l'alcool et les drogues. Ces jeunes sont là, viennent de tous les milieux et sont attentifs à ces causes. On s'aperçoit qu'à travers le rugby on arrive autant à cadrer qu'à fédérer".
Comprendre les départs, accueillir les arrivées
Le président aborde avec réalisme la mobilité des joueurs : "On est entourés de clubs qui n'ont pas une proposition de formation. De fait, on a de grosses équipes avec ces joueurs qui viennent trouver cela chez nous. On assure un peu la formation pour tout le monde. Quand ils deviennent séniors, ils retournent jouer pour leur village, ce qui est normal. On comprend ceux qui restent comme ceux qui partent". Cette philosophie ouverte permet au club de jouer un rôle de formateur au-delà de ses propres frontières.
Un message d'espoir pour l'avenir
Malgré les difficultés actuelles, Olivier Palatan garde confiance en l'avenir : "J'ai envie de dire à mes séniors qui souffrent actuellement qu'on les aime et qu'ils attendent : la relève arrive bientôt !". Ce message optimiste résume la stratégie du club : patienter le temps que les jeunes pousses arrivent à maturité pour reconstruire une équipe compétitive.
Le renouveau de l'Avenir Bleu et Blanc passera donc par sa jeunesse, avec l'arrivée prévue de sept Juniors en équipe première la saison prochaine. Après un hiver difficile, le club de Capestang plante les graines d'un printemps rugbystique qui, il l'espère, portera bientôt ses fruits.



