Finale du Challenge Yves du Manoir 1957 : Dax vainqueur sur la moyenne d'âge
1957 : Dax remporte le challenge Yves du Manoir sur moyenne d'âge

Le 5 mai 1957, sous un soleil printanier, l'équipe de Dax s'imposait face à Montferrand en finale du challenge Yves du Manoir à Toulouse. Un public nombreux, deux équipes ardentes et correctes, et un excellent arbitre ont fait de cette dernière finale un beau succès sur la pelouse des Ponts Jumeaux.

Une finale sous le signe du fair-play

Montferrand, en blanc, avait dû remanier sa première ligne en raison des absences de Leniaud et Armilhon. L'Union Sportive Dacquoise, en maillot rouge, se présentait dans la formation annoncée. Pour succéder au F.C. Lourdais au palmarès, les deux équipes partaient à égalité. Les quatre-vingts minutes de jeu montrèrent qu'elles étaient très proches l'une de l'autre.

M. Andrieu, assisté de MM. Jarlan et Galinier, dirigeait cette confrontation décisive. Avec vingt-deux ans de différence à la moyenne d'âge, Dax remporta le challenge.

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À l'annonce de la sentence, la joie des Dacquois était mesurée. Après un rapide pointage, un mince sourire apparut sur les lèvres de Paul Lasaosa et ses coéquipiers. Ils n'étaient pas complètement satisfaits, car ils avaient espéré mieux que ce succès acquis après expertise comptable. Pourtant, leur fierté était légitime.

Le règlement en cas de match nul

Le challenge Yves du Manoir ne prévoyait pas de prolongations. En cas d'égalité, les clauses suivantes s'appliquaient : 1. Le plus grand nombre d'essais. 2. Le plus grand nombre de buts de pénalité. 3. La plus faible moyenne d'âge. Chaque équipe ayant marqué deux essais, c'est la troisième clause qui départagea les deux équipes en faveur de Dax. La recette s'éleva à 2 229 400 francs pour 6 027 spectateurs payants.

Les événements du match

Dès la 10e minute, l'ouvreur Castra, blessé, fut contraint de doubler Pierre Albaladejo en défense. Peu après, Othats victime d'une élongation obligea à un bouleversement de la ligne d'attaque : Darracq à l'aile gauche, Raymond Albaladejo au centre, Castra en winger, Labadie permutant avec Lasaosa à la mêlée, et Othats exilé à une aile de troisième ligne.

Malgré ces difficultés, les Landais adoptèrent une habile tactique défensive, faisant preuve d'autorité et de courage. Les Montferrandais, après un quart d'heure brillant, se montrèrent dignes dans le maniement du ballon. La supériorité à la touche du tandem Chevalier-Szymzack et la domination au talonnage de Rhuilhac firent d'eux les maîtres du jeu. Cependant, ils commirent une erreur : au lieu de fixer Dubois et Othats, ils lancèrent des attaques trop orthodoxes qui échouèrent sur la défense impitoyable des Dacquois, renforcée par Castra.

Dans la dernière demi-heure, ils tentèrent de détacher leur troisième ligne Charissou, mais le manque de percussion de la ligne d'attaque compliqua les choses. Seul l'ouvreur Gazagne essaya de redresser l'offensive, en vain. Lasaosa et Dubois verrouillèrent toutes les ouvertures. Mitaine, au ras de sa mêlée, ne put profiter de cet avantage. Montferrand s'inclina pour avoir utilisé un processus inadapté.

Les héros dacquois

La détermination des Landais à conjurer le sort releva du miracle. Les avants, constamment bousculés, se regroupèrent avec obstination. Les rushes en retrait de Bachelé et Berilhe, l'homogénéité du tandem Lasserre-Lapique, et l'intelligence de Dubois permirent des contre-attaques de grande envergure. Labadie, demi de mêlée de fortune, assura la plupart de ses passes, permettant à Lasaosa de parer aux situations dangereuses avec sang-froid.

Darracq, promu à l'aile, fut impeccable en défense et perturba les rangs adverses par ses pointes. Bénédé soutint sa réputation naissante, tandis que Raymond Albaladejo parut trop amoureux du ballon. Susbielle réalisa de beaux déboulés mais surtout défensifs. Pierre Albaladejo, hormis un mauvais dégagement qui permit à Olive d'égaliser, se tira avantageusement de son duel et faillit racheter son erreur par un drop sensationnel dans les dernières minutes.

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Côté montferrandais

Victime de sa tactique, Vigier mena son huit de remarquable façon, bien épaulé par Chevalier et Burgas. Le centre Cruchet montra d'indéniables dispositions. Mitaine et Gazagne, derrière une mêlée victorieuse, manquèrent d'inspiration. Olive, s'il ne fut pas toujours heureux dans ses réceptions, confirma l'excellence de sa botte et son habileté à s'intercaler parmi les trois-quarts, se signalant par des contre-attaques qui auraient pu donner la victoire aux centraux. M. Andrieu arbitra ce match facile avec autorité.

Le challenge Yves du Manoir

Créé en 1931 par le Racing Club de France, le challenge Yves du Manoir est une compétition de rugby à XV en hommage à Yves du Manoir, joueur du RCF, ancien international et capitaine de l'équipe de France, décédé en 1928 à 23 ans dans un accident d'avion. Le RCF fut aidé par le CA Béglais et l'AS Montferrand. Le premier vainqueur fut le SU Agen en 1932. En 1957, l'équipe landaise remporta cette compétition de façon insolite après un score final de 6-6.