Un joueur sanctionné dénonce une décision "politique" et "ridicule"
Une altercation sur la glace, une provocation, puis un retour anticipé à la maison. Sanctionné par la Fédération française de hockey sur glace (FFHG) suite au match contre le Canada, Pierre Crinon a vécu la fin du tournoi olympique des Bleus en simple spectateur. Le défenseur de Grenoble n'a pas digéré cette décision, et il vide son sac dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré.
Une trahison ressentie et des accusations de calcul politique
« Ce qu'il s'est passé avec l'équipe de France, ça m'a touché », confie Pierre Crinon. « Pas forcément ce qu'il y a eu sur les réseaux sociaux mais le fait que le président prenne ces décisions envers moi. Je prends ça comme une trahison, je trouve ça ridicule. » Le joueur fait ici référence à Pierre-Yves Gerbeau, le président de la FFHG.
Il estime que cette sanction relève d'une stratégie politique. « C'est très politique », affirme-t-il. « Peut-être qu'il avait envie de se montrer avant les élections qui arrivent. Tant mieux pour lui si ça marche. » La FFHG organisera en effet ses élections pour le prochain cycle olympique au mois de juin, ce qui ajoute du contexte à ces accusations.
Une sanction jugée disproportionnée et des comparaisons contestées
Pierre Crinon considère la sanction comme totalement disproportionnée, soulignant que les bagarres sont relativement fréquentes dans le hockey sur glace. « On me reproche des choses qui ne sont pas au point de me suspendre d'un tournoi… », s'insurge-t-il.
Pour étayer son propos, il compare sa situation à d'autres comportements dans le sport français. « Pourquoi on ne s'en prend pas à Julia Simon qui fait ''chut'' au public quand elle gagne ? Ça ne respecte pas les valeurs de l'olympisme non plus », pointe-t-il, en référence à la célébration de la biathlète lors de l'individuel à Antholz-Anterselva.
L'absence de sanction pour l'adversaire canadien alimente la polémique
Un élément crucial renforce le sentiment d'injustice chez le joueur : le Canadien Tom Wilson, avec qui il en était venu aux mains, n'a reçu aucune sanction de la part des instances internationales. Pour Pierre Crinon, c'est le signe que la FFHG a monté cette affaire en épingle.
« Les Français pensent savoir mieux que tout le monde tout le temps », lance-t-il, exprimant une frustration qui dépasse son cas personnel et touche à une perception plus large des décisions fédérales. Cette affaire met ainsi en lumière des tensions entre un joueur et sa fédération, sur fond de préparation électorale et de débat sur l'équité des sanctions disciplinaires.



