Un tournoi pour promouvoir le handibasket en Dordogne
Le comité handisport de Dordogne et le Périgueux BC ont organisé un tournoi de promotion de la discipline, samedi 21 février, au gymnase Clos-Chassaing à Périgueux. Les cris d'encouragement et les conseils techniques résonnaient dans la salle, créant une ambiance typique d'un match de basket-ball. Pourtant, les joueurs évoluaient en fauteuil roulant, pratiquant le handibasket avec la même intensité que leurs homologues valides.
Une discipline exigeante qui cherche à se développer
La durée du match, les dimensions du terrain et la hauteur du panier sont identiques à celles du basket-ball traditionnel. Mais la pratique en fauteuil ajoute une dimension technique supplémentaire, nécessitant explosivité, sens du placement et maîtrise des contacts roue contre roue. « On essaye de se faire connaître pour attirer de nouveaux joueurs et, pourquoi pas, créer une équipe de compétition », explique Corinne Druet, la présidente du comité départemental handisport de la Dordogne.
Le gymnase Clos-Chassaing, qui doit prochainement prendre le nom de Sarah Morante – championne de handibasket et entraîneure de la formation du Périgueux BC – accueillait ce Challenge Hooper. Cette initiative a été mise en place par les comités régional et départemental handisport avec un objectif clair : développer la pratique du basket-fauteuil dans la région.
Le soutien du club local et les défis matériels
L'équipe évolue avec les maillots noirs du Périgueux BC, qui sert de club support. « C'est logique de les accueillir. Des gens du club font partie des deux structures. On leur apporte de l'équipement, de la logistique, quelques partenaires et on reçoit des subventions de la Fédération handisport », précise David Trichot, le président du club.
Pour le tournoi, les joueurs de Dordogne se sont mesurés à des équipes de Limoges et Pau, habituées de la compétition. Les scores ont été sans appel, mais l'intérêt principal résidait dans la démonstration de cette discipline physique et technique.
Un défi majeur persiste cependant : l'accès au matériel adapté. Le fauteuil de sport n'est pas le même que celui utilisé au quotidien, et son coût représente un obstacle important. Alex, un joueur venu du Bugue, témoigne : « J'ai reçu le mien au mois de janvier, mais c'est un an d'attente. Ils sont faits sur mesure. Ensuite, on personnalise certains éléments. Mais il m'a coûté 6 100 euros et j'ai des aides de la CPAM et de la MDPH. »
Malgré la récente loi portée par le député du Sarladais Sébastien Peytavie, ces fauteuils spécialisés ne sont pas encore remboursés intégralement, ce qui limite l'accès à la pratique pour de nombreuses personnes.
L'état d'esprit et la passion du sport
Actuellement, une dizaine de joueurs venus de toute la Dordogne pratiquent le handibasket en loisir. Alex, qui utilise son fauteuil pour plusieurs sports, explique : « L'hiver, je skie et le reste de l'année, je joue aussi au handball à Saint-Loubès. Il n'y a pas de hand fauteuil en Dordogne, alors je vais là-bas. On est en demi-finale de la Coupe de France. J'adore le sport et là, au basket, il y a un bon état d'esprit, une bonne ambiance. »
Damien, ancien footballeur devenu paraplégique après un accident, partage cet enthousiasme. Après avoir pratiqué le rugby-fauteuil pendant treize ans, il s'est tourné vers le basket : « Le basket, c'est bien pour continuer à faire du sport et voir du monde. Cela aide pour sociabiliser. Cela fait du bien. »
Les entraînements ont lieu tous les vendredis à La Grenadière, offrant une régularité précieuse pour les pratiquants. Ce tournoi de promotion a ainsi permis de mettre en lumière une discipline encore méconnue, ses défis matériels, mais surtout l'engagement et la passion de ses pratiquants.



