La question mériterait presque d’être posée ces prochaines semaines à des élèves passant l’épreuve de philosophie du bac : peut-on véritablement s’installer sur le banc des remplaçants un soir de finale de Ligue des champions lorsqu’on a été le joueur le plus utilisé par son coach tout au long de la saison ? La réponse pourrait être limpide, tomber sous le sens et ne pas susciter le moindre débat. Mais ce cas de figure assez fou existe et il concerne Warren Zaïre-Emery dont la situation alimente les discussions avant le grand rendez-vous de samedi contre Arsenal.
Le titi parisien est l’un des hommes de base du PSG 2025-2026, l’un des éléments les plus réguliers de son équipe, l’un des plus fiables. Et pourtant, sa place de titulaire sur la pelouse de la Puskas Arena de Budapest n’est pas acquise. Cruel ? Incompréhensible ? Injuste ? Un peu de tout ça à la fois. Au cours d’un exercice où Luis Enrique a rarement pu compter sur l’intégralité de son effectif, l’entraîneur devrait cette fois-ci avoir le choix des armes et sera contraint de laisser un cadre sur le banc le soir de la rencontre la plus importante de l’année.
Trois hommes pour deux postes
Trois hommes vont se disputer deux postes : Achraf Hakimi, Fabián Ruiz et donc Warren Zaïre-Emery. Aujourd’hui, l’international français de 20 ans semble davantage en balance avec le défenseur marocain, touché à la cuisse depuis le quart de finale aller face au Bayern le 28 avril, qu’avec l’Espagnol. Ce dernier a retrouvé ses marques dans l’entrejeu et une place de titulaire aux côtés de Vitinha et João Neves, un trio complémentaire qui a fait la réussite du PSG la saison passée. Son influence sur les débuts de match est primordiale tandis que sa science du déplacement, son travail sans ballon et sa qualité technique sont des atouts dans sa manche.
Ce mardi après-midi, Ousmane Dembélé et Achraf Hakimi sont attendus à l’entraînement et le retour du Marocain, qui n’a pas disputé un match en intégralité depuis un mois, entretient le doute autour de la présence de Zaïre-Emery dans le onze de départ, dans ce rôle de latéral droit où il a été brillant lors de ses intérims répétés. Les quatre entraînements prévus jusqu’à la finale permettront au défenseur de se tester, de remettre la machine en route et d’essayer de rattraper le temps perdu durant le mois écoulé. Suffisant pour tenir sa place dans une rencontre de cette intensité ?
Zaïre-Emery, un joueur exemplaire cette saison
Il est certain que le numéro 2 parisien fera le nécessaire pour débuter face aux Gunners et sera même prêt à serrer les dents s’il le faut. Luis Enrique suivra avec attention la situation. La décision définitive reviendra au staff, mais la possibilité de voir Zaïre-Emery démarrer sa deuxième finale de Ligue des champions sur le banc existe. Au regard de l’exercice réalisé par le numéro 33, ce choix serait forcément difficile à entendre et presque « immérité », puisqu’il se ferait sur des critères purement sportifs tandis qu’une potentielle mise à l’écart de Hakimi pourrait se justifier par un manque de rythme et des sensations pas totalement optimales. « Je suis prêt à jouer 5 minutes, 90 ou 120 ! Je me tiens prêt et je vais mourir pour cette équipe », confiait la semaine dernière Zaïre-Emery.
Après avoir perdu, l’an passé, sa place de titulaire durant la deuxième partie de saison, le Français a signé un retour fracassant et fait ce qu’il fallait pour jouer les premiers rôles. Les chiffres disent tout de son importance et de son influence : 53 matchs joués sur 55 possibles, 47 titularisations, 4 199 minutes disputées, le plus haut total de l’effectif. Souvent cité en exemple en interne, Warren Zaïre-Emery a livré l’une de ses meilleures saisons avec le PSG et n’a jamais donné la sensation de baisser le pied. Sa polyvalence, son volume de jeu et son impact lui ont permis de retrouver le devant de la scène, de gagner sa place à la Coupe du monde en ont fait un acteur majeur de la campagne de Ligue des champions.
À l’exception du premier match contre l’Atalanta, « WZE » n’a démarré aucune autre rencontre de la compétition sur le banc des remplaçants. Le voir sortir du onze du PSG à cet instant de la saison relèverait d’une forme de cruauté… « Warren peut jouer partout, c’est incroyable. J’aime tellement ce joueur, mais aussi la personne, saluait Luis Enrique il y a deux semaines. C’est un vrai exemple. Il joue tout le temps… Quel niveau ! Peu importe sa position, il est important pour l’équipe. » Le technicien espagnol n’a pas pour habitude de faire dans le sentimentalisme et les jours à venir lui permettront de nourrir sa réflexion et de résoudre cette équation qui a tout du casse-tête.



