L'UEFA prend des mesures immédiates contre le joueur du Benfica
L'Union européenne des associations de football (UEFA) a annoncé, lundi 23 février, la suspension provisoire de Gianluca Prestianni, le milieu de terrain argentin du Benfica Lisbonne. Cette décision intervient après des accusations de comportement raciste portées par des joueurs du Real Madrid lors du barrage aller de Ligue des champions, disputé le 17 février à Lisbonne.
Un incident grave lors d'un match à haute tension
La rencontre, remportée 1-0 par le Real Madrid grâce à un but de Vinicius Junior, a été marquée par un incident majeur. L'attaquant brésilien s'est plaint auprès de l'arbitre français François Letexier d'avoir été traité de « singe » par Prestianni, qui a alors dissimulé sa bouche avec son maillot. L'arbitre a immédiatement activé le protocole antiracisme, interrompant le match pendant environ dix minutes avant de faire reprendre le jeu.
Vinicius Junior, unique buteur de la partie, avait célébré son but en provoquant le public, déclenchant des tensions avec les joueurs adverses. Après le match, il a dénoncé un acte « raciste et lâche », tandis que Kylian Mbappé, star du Real Madrid, a estimé que Prestianni ne « méritait pas de disputer la Ligue des champions ».
Une enquête en cours et des réactions contrastées
L'UEFA a confié l'enquête à un inspecteur spécialiste des questions d'éthique et de discipline. Dans son communiqué, l'instance précise avoir pris la décision de suspension « en raison des éléments disponibles » concernant un « comportement discriminatoire ». L'organe de discipline et d'éthique de l'UEFA souligne que cette mesure est provisoire, dans l'attente des conclusions de l'enquête.
De son côté, Gianluca Prestianni a réfuté les accusations sur son compte Instagram, affirmant que Vinicius Junior avait « malheureusement mal interprété ce qu'il a cru entendre ». Il nie tout propos raciste, mettant en avant le vacarme ambiant du stade et le fait qu'il masquait sa bouche avec son maillot au moment des faits présumés.
Le Benfica annonce faire appel de la suspension
Le club portugais a réagi rapidement à la décision de l'UEFA, exprimant son regret « d'être privé de son joueur alors que la procédure est encore en cours d'instruction ». Dans un communiqué, le Benfica réaffirme son « engagement indéfectible dans la lutte contre toute forme de racisme ou de discrimination », mais annonce son intention de faire appel de la suspension.
Le club reconnaît cependant que les délais d'appel auront « difficilement un quelconque effet pratique pour le match retour du barrage de la Ligue des champions », programmé mercredi au stade Santiago-Bernabeu de Madrid. Prestianni sera donc absent de cette rencontre cruciale, où les deux équipes se disputent une place en huitièmes de finale.
Des procédures parallèles et des sanctions potentielles
Outre l'enquête de l'UEFA, l'Autorité portugaise pour la prévention et la lutte contre la violence dans le sport a également ouvert « une procédure de sanction administrative afin d'établir les faits ». Ces investigations pourraient s'avérer complexes, compte tenu des difficultés à déterminer précisément ce qui a été dit dans le bruit du stade.
Le règlement disciplinaire de l'UEFA prévoit des sanctions sévères pour les comportements racistes. Toute personne qui « porte atteinte à la dignité humaine pour quelque motif que ce soit, y compris la couleur de peau, la race, la religion, l'origine ethnique, le sexe ou l'orientation sexuelle » encourt « une suspension d'au moins dix matchs ou pour une durée déterminée, ou de toute autre sanction appropriée ».
Cette affaire survient dans un contexte où l'UEFA mène régulièrement des campagnes contre le racisme dans le football, soulignant l'importance de ce dossier pour l'instance européenne. Les prochains jours seront déterminants pour Gianluca Prestianni et le Benfica Lisbonne, alors que les investigations se poursuivent.



