UBB écrase Bath et file en finale de Champions Cup à Bilbao
UBB écrase Bath et file en finale de Champions Cup

Portée par son rêve de doublé, l'Union Bordeaux-Bègles a écarté Bath (38-26) ce dimanche au Stade Atlantique et s'est qualifiée pour la finale de Bilbao où elle affrontera le Leinster le 23 mai. Le rêve d'un doublé est maintenant à portée de main. Un an après son premier sacre à Cardiff, l'Union Bordeaux-Bègles jouera sa deuxième finale de Champions Cup à Bilbao le 23 mai.

En début de saison, on pouvait s'interroger sur la capacité des Bordelais à assumer ce nouveau statut de champion d'Europe en titre. S'il leur a parfois joué de vilains tours en Top 14, force est de constater qu'il les pousse à se transcender sur la scène continentale. Les hommes de Yannick Bru se montrent à la hauteur de leurs ambitions, comme en témoigne ce nouveau succès face à Bath (38-26) en demi-finales ce dimanche au Stade Atlantique, qui leur ouvre en grand les portes d'un rêve qui paraissait illusoire il y a encore quelques années.

« Le leadership de l'équipe a été incroyable parce que ça a été un combat de boxe pendant soixante minutes », a déclaré Yannick Bru. Grand favori à sa propre succession depuis sa victoire en quarts de finale face à Toulouse (30-15), le club girondin a su mettre les mêmes ingrédients face au champion d'Angleterre : du réalisme, un engagement physique de tous les instants, une forte pression défensive et un banc de touche qui a appuyé au moment où il le fallait. En mission, cette UBB ne veut rien lâcher. Élu « homme du match », Maxime Lucu est le parfait symbole de cette abnégation. Le patron montre la voie et les troupes avancent en rangs serrés, bien décidées à aller décrocher une deuxième étoile.

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Une défense de fer

« On a assisté à un match de très haut niveau, souligne Yannick Bru. Je suis très fier de tout le travail accompli. Le leadership de l'équipe a été incroyable parce que ça a été un combat de boxe pendant soixante minutes. Les joueurs ont été formidables de caractère et même de folie. Sur des confrontations de très haut niveau comme aujourd'hui (dimanche), l'avantage du terrain n'est pas négligeable. »

Mal embarqués dans le sprint final en Top 14, les Bordelais savent que la Champions Cup reste le chemin le plus court vers un nouveau titre. Pour revivre les mêmes émotions que l'an dernier dans des rues de Bordeaux en liesse, ils devront maintenir le curseur face au Leinster sur la pelouse de San Mamés. Face à une province irlandaise quadruple championne d'Europe (2009, 2011, 2012, 2018), il faudra faire preuve d'humilité. Mais Matthieu Jalibert et ses coéquipiers ont de sérieux atouts et garderont la faveur des bookmakers. Lancés sur une série de 15 victoires de rang sur la scène européenne, ils peuvent marquer l'histoire de la Champions Cup en égalant la série du Stade Rochelais (16 succès consécutifs) et signer un doublé en deux ans qui serait historique pour le rugby français, après ceux de Toulon (2013, 2014, 2015) et La Rochelle (2022, 2023).

Un immense défi

« Atteindre la finale est un premier objectif, note Yannick Bru. Mais on a déjà vécu l'expérience d'aller en finale et d'être vaincu, c'est très violent. Battre le champion de France en quart, le champion d'Angleterre en demie et une version de l'équipe d'Irlande en finale, ça serait inoubliable. On est face à un immense défi. »

Malgré les attentes, malgré une pression qui s'accentue au fil des étapes, la victoire face à Bath montre en tout cas que l'UBB garde le cap. Une semaine après la défaite à domicile face à Montpellier (21-23) en championnat, la réaction du pack était attendue. Et les « gros » ont été au rendez-vous, comme en témoignent les charges de Gazzotti, les plaquages monstrueux de Coleman, ou l'activité de Bochaton. En l'absence de Poirot, suspendu, Perchaud a lui aussi tenu son rang en mêlée face au tank sud-africain Du Toit.

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Le banc a encore pesé

Il a fallu être solide face à ces Anglais accrocheurs qui étaient dans le coup jusqu'à la 67e minute (24-19) grâce à des essais d'Arundell (8e), Muir (27e) et Hennessey (51e). Si Russell n'a pas pu sortir ses tours de magie, Bath a su faire trembler les Bordelais à certains moments du match. Mais son manque de réussite dans la zone dangereuse a été criant, contrairement aux Bordelais qui ont su scorer dès qu'ils en avaient l'occasion par Gazzotti (2e), Bielle-Biarrey (15e) et Lucu (35e).

Il faut dire que la défense de l'UBB n'est pas pour rien dans cette qualification. Devant la ligne, les Anglais ont buté sur un vrai mur. « Il y avait un niveau de bravoure et d'engagement que les gars sont allés chercher, constate Yannick Bru. On a très bien défendu, chaque joueur a donné son corps à l'équipe. » L'entrée du banc a ensuite permis aux Bordelais de prendre l'ascendant. Si Barlot se voyait refuser un essai (67e), Tameifuna écrasait tout sur son passage pour inscrire le quatrième essai de son équipe (69e), avant que Matiu ne récupère un ballon qui traînait pour filer inscrire le cinquième (77e). L'essai de Carr-Smith en toute fin de match était anecdotique, l'UBB tenait son billet pour sa deuxième finale européenne en deux ans.