La sélection tunisienne de football, surnommée les Aigles de Carthage, a vécu un Mondial 2022 au Qatar des plus décevants. Avec un seul point et une dernière place dans le groupe D, la Tunisie n'a pas réussi à franchir le premier tour, malgré des espoirs nourris par une qualification historique pour les huitièmes de finale en 2018.
Un parcours sans éclat
Les hommes de Jalel Kadri ont débuté par un match nul contre le Danemark (0-0), laissant entrevoir une possible surprise. Mais la défaite face à l'Australie (0-1) a douché les espoirs. Le dernier match, une courte victoire contre la France (1-0) en fin de compétition, n'a pas suffi à inverser la tendance.
Sur l'ensemble du tournoi, la Tunisie n'a inscrit qu'un seul but, le plus faible total parmi les équipes africaines. Cette inefficacité offensive a été pointée du doigt par les observateurs. « Nous n'avons pas su concrétiser nos occasions, c'est notre principal problème », a déclaré le sélectionneur Jalel Kadri en conférence de presse.
Des statistiques alarmantes
En trois matchs, les Aigles de Carthage ont tiré 20 fois au but, mais seulement 5 cadrés. Leur possession moyenne de 42% reflète une difficulté à imposer leur jeu. Selon les données de la FIFA, la Tunisie a parcouru 326 km en moyenne par match, soit moins que la plupart de ses adversaires.
Cette performance contraste avec l'enthousiasme suscité par la génération actuelle, qui comptait des joueurs évoluant dans les championnats européens, comme Wahbi Khazri (Montpellier) ou Ellyes Skhiri (Cologne). « Nous avions les moyens de faire mieux, mais nous n'avons pas été à la hauteur », a reconnu le capitaine Youssef Msakni.
Les raisons de l'échec
Plusieurs facteurs expliquent cette désillusion. D'abord, un manque de réalisme offensif criant. Ensuite, une défense parfois fébrile, notamment sur coups de pied arrêtés. Enfin, un calendrier difficile : la Tunisie a affronté le Danemark, demi-finaliste de l'Euro 2020, et la France, championne du monde en titre.
« Nous avons payé notre manque d'expérience dans les moments clés », analyse l'ancien international tunisien Ziad Jaziri. « Contre l'Australie, nous avons dominé mais nous n'avons pas su marquer. Ce match était le tournant du groupe. »
Un avenir incertain
Cette élimination précoce remet en question le projet sportif tunisien. La Fédération tunisienne de football (FTF) devra tirer les leçons de cet échec pour préparer la Coupe d'Afrique des Nations 2023. Le sélectionneur Jalel Kadri, dont le contrat court jusqu'en 2024, est sous pression.
Les supporters, eux, expriment leur déception. « On attendait beaucoup de cette équipe, mais on a vu des joueurs sans âme », confie Ahmed, un supporter de 34 ans rencontré à Tunis. « Il faut reconstruire sur des bases solides. »
Malgré tout, la victoire contre la France en phase de groupes restera comme un exploit historique, le premier succès de la Tunisie face à un champion du monde en Coupe du Monde. Un motif d'espoir pour l'avenir, à condition de corriger les lacunes constatées.



