Un post de réseaux sociaux qui a mal vieilli pour Tottenham
Mardi soir, le compte officiel de Tottenham Hotspur publiait un message enthousiaste à 20h34, célébrant la première titularisation en Ligue des champions du jeune gardien tchèque Antonin Kinsky, âgé de 22 ans. Ce post, destiné à marquer l'histoire, a rapidement pris une tournure ironique. En moins de vingt-quatre heures, il cumulait déjà neuf millions de vues sur X et cent soixante-quinze mille interactions combinées entre Instagram et X. Un engouement numérique qui contrastait cruellement avec le désastre sportif à venir.
Un quart d'heure cauchemardesque et historique
La soirée, présentée comme potentiellement légendaire, s'est transformée en cauchemar absolu pour les Spurs, actuellement seizièmes de Premier League et enchaînant les défaites. Dès la sixième minute, Antonin Kinsky, habituellement remplaçant de Guglielmo Vicario, commet une première erreur fatale. En tentant une relance, il glisse et offre le ballon à Marcos Llorente, qui ouvre le score pour l'Atlético Madrid (1-0).
La suite est encore plus calamiteuse. Après une nouvelle glissade grotesque de Micky van de Ven sur le deuxième but d'Antoine Griezmann (14e), Kinsky sombre définitivement. Sur un simple retour de balle, le portier tchèque perd totalement ses moyens et, d'une maladresse du pied gauche, offre le troisième but à Julian Alvarez (15e), avant de s'effondrer, anéanti, sur la pelouse.
Un record négatif et un changement sans précédent
Cette séquence de quinze minutes entre dans l'histoire de la Ligue des champions pour toutes les mauvaises raisons. Jamais une équipe ne s'était retrouvée menée 0-3 aussi rapidement dans un match à élimination directe de la compétition. Et jamais un gardien n'avait été remplacé aussi tôt dans un match, hors contexte de blessure.
C'est pourtant ce qu'a vécu le malheureux Antonin Kinsky, sorti par son entraîneur Igor Tudor dès la dix-septième minute, visiblement inconsolable. « C'est vraiment quelque chose de très rare. En quinze ans de carrière d'entraîneur, je n'ai jamais fait cela. Mais c'était nécessaire pour préserver le joueur, préserver l'équipe. C'est une situation incroyable », a commenté l'ancien coach marseillais après la rencontre, lui-même sur la sellette à Londres.
Les justifications d'Igor Tudor et une défense en déroute
Malgré le fiasco, Igor Tudor a défendu sa décision de titulariser soudainement Kinsky : « Je crois que c'était la bonne décision avant le match, dans la période dans laquelle nous sommes. C'est facile de dire après coup que c'était un mauvais choix. Mais 'Tonin' est un très bon gardien, un super gars. Ce sont des erreurs qui peuvent arriver pour un gardien, et malheureusement elles sont arrivées dans un grand match. »
L'entrée en jeu de Guglielmo Vicario n'a pas pour autant redressé la barre. La défense des Spurs, complètement dépassée, a encore encaissé des buts de Robin Le Normand (4-0, 22e) et de Julian Alvarez (5-1, 55e), scellant une lourde défaite 5-2 qui réduit quasiment à néant les espoirs de qualification pour les quarts de finale.
Le visage d'un naufrage collectif
Antonin Kinsky reste le symbole de cette soirée catastrophique. Aligné seulement à deux reprises en Coupe de la Ligue cette saison, son prestation a ravivé le souvenir du cauchemar vécu par Loris Karius, alors gardien de Liverpool, lors de la finale de la Ligue des champions 2018 contre le Real Madrid.
Sur un terrain gorgé d'eau au Metropolitano, les conditions étaient difficiles. Antoine Griezmann lui-même a eu une pensée pour le gardien adverse sur Canal+ : « Il y a eu un peu de glissades, notre terrain nous a accompagnés. Nous, on est habitués, l'adversaire non. Mais je trouve ce changement dommage. Si le coach commence avec ce gardien titulaire, il faut aller au bout. Mentalement, ça doit être très dur pour le gardien, ça n'était pas la meilleure solution. »
Un entraîneur désemparé face à la spirale négative
Visé par les remarques de « Grizou », Igor Tudor a livré une analyse désabusée en conférence de presse : « Il se passe des choses difficiles à expliquer. La pelouse était la même pour les deux équipes. C'est vraiment incroyable, cela illustre le moment que l'on vit : on dirait que tout est contre nous. » Une déclaration qui résume la spirale négative dans laquelle est plongé le club londonien, entre mauvais résultats en championnat et élimination probable en Europe.
Cette déroute historique laisse Tottenham avec une tâche quasi impossible au match retour, tandis qu'Antonin Kinsky devra tenter de surmonter psychologiquement l'une des pires entrées en matière possibles sur la scène européenne.



