Sophie Milliet, habitante de Castelnau-le-Lez, a remporté pour la septième fois le titre de championne de France d'échecs, le dimanche 16 août à Vichy. Après dix jours de compétition et un seul jour de repos, la joueuse professionnelle de 42 ans savoure sa victoire face à la Parisienne Pauline Guichard, tenante du titre. Chez les hommes, Étienne Bacrot, également quadragénaire, a été sacré champion de France.
Un parcours précoce et une passion intacte
Sophie Milliet a commencé les échecs à 4 ans, apprenant les bases avec son père. Elle s'inscrit en club à 6 ans et participe à son premier championnat de France à 11 ans. Au club de Montpellier, elle rencontre Volodia Vaisman, qui la coache six heures par semaine. "J'étais moyenne et j'ai très vite progressé. S'entraîner fait toute la différence", confie-t-elle. À 15 ans, lycéenne à Joffre, elle devient championne de France jeune. "J'y passais tout mon temps, pas grand-chose d'autre ne m'intéressait, y compris les études", ajoute-t-elle. Son bac S est obtenu au rattrapage, et elle abandonne la fac de sciences après moins d'un an, car l'administration ne comprend pas ses compétitions pendant les partiels. Elle précise : "Nous sommes reconnus comme sportifs de haut niveau depuis seulement janvier dernier."
Une carrière professionnelle depuis 2010
Sophie Milliet devient championne de France à 19 ans, alors qu'elle est encore junior. Elle réitère l'exploit en 2008, 2009, 2011, 2016 et 2017, restant deuxième les années suivantes. Le Covid a empêché la tenue de compétitions, mais a fait exploser la pratique en ligne et le nombre de licenciés. Sophie conteste la nouvelle organisation des matchs en élimination directe, mais s'y plie et remporte son septième titre. "À un moment, je me suis réinscrite en BTS et j'ai travaillé quelques mois, car vivre des échecs était trop difficile, mais j'ai eu de nouvelles opportunités et je suis repartie ! Je suis joueuse professionnelle depuis 2010", explique-t-elle.
Entraînement intensif et reconnaissance
Chaque jour, Sophie Milliet s'entraîne sur ordinateur pendant au moins cinq heures pour anticiper les coups et combinaisons adverses. Elle pratique aussi le badminton et la musculation à Castelnau. "C'est bien plus physique qu'il n'y paraît, avec la tension, le stress, le cœur peut s'emballer. Quand une partie dure des heures, vous perdez des calories, vous ressortez vidée. Il faut tenir et gérer le mental", souligne-t-elle. Avant de partir en septembre avec l'équipe de France en Ouzbékistan, elle participera ce week-end au Festival Apogée à Caissargues, un événement avec parité des prix. Voilà seulement deux ans que les membres de l'équipe de France sont payés de la même manière, hommes et femmes, une autre victoire pour la championne castelnauvienne.



