Plus de 22 000 spectateurs attendus pour les Girondins en N2, un record
Record d'affluence en N2 pour les Girondins de Bordeaux

L'espoir ravivé d'une montée en Ligue 3 a fait exploser en une semaine une affluence qui dépassera les 22 000 spectateurs. Du jamais vu à ce niveau et le symbole de la ferveur autour des Girondins malgré la descente aux enfers. Ils sont informaticien, professeure, employé viticole, directeur d'hypermarché en retraite ou encore chef boulanger. Ils sont Bordelais d'origine mais pas seulement, tombés dans la marmite par transmission ou via un joueur et un match. Le plus ancien est abonné depuis 1971 sans discontinuer. Ils sont une petite dizaine, beaucoup plus durant les vacances scolaires, et viennent régulièrement aux entraînements au Haillan vivre, même en National 2, une passion qu'ils ont eu peur de voir disparaître à l'été 2024.

Ce samedi, ils seront plus de 22 000 comme eux à pousser derrière les Girondins face aux Herbiers, record pour un match de quatrième division en France (20 044 à Strasbourg en 2013) battu. « Ça ne m'étonne pas, dit Alain Giresse, légende du club. À chaque fois que je viens à Bordeaux, je constate combien les gens ont souffert mais aussi que la flamme brûle toujours. C'est moins exubérant qu'à Marseille, moins chaleureux qu'à Lens, mais il y a un attachement profond aux Girondins. »

Une ferveur intacte malgré les épreuves

Malgré la descente aux enfers sportive et financière, malgré le conflit Ultramarines - North Gate et la violence d'une poignée d'ultras qui pollue l'atmosphère depuis deux ans, la ferveur autour du club bordelais reste intacte. Il a suffi que l'espoir de montée en Ligue 3 renaisse par trois victoires consécutives et un coup d'arrêt du leader La Roche-sur-Yon pour que l'affluence se multiplie par plus de deux en une semaine. « On a connu des moments compliqués et on espère enfin que la roue va tourner », constate Frank, abonné du Virage Sud depuis 1999 avec désormais son fils de 16 ans. « Mon seul espoir est de revoir les Girondins en Ligue 1, peut-être un jour revoir la Coupe d'Europe. Que mon fils puisse vivre les joies que l'on a vécues. »

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Une migration à Bayonne

Contre toute attente, malgré l'échec pour la montée la saison dernière, le nombre d'abonnés a grimpé jusqu'à 6 500 l'été dernier. L'affluence moyenne en N2 (10 674 spectateurs à ce jour) va dépasser celle de 2024-2025 (10 725). Durant les deux saisons précédentes de Ligue 2, elle s'était maintenue à près de 22 000 - soit plus que de 2010 à 2013 en Ligue 1 au stade Chaban-Delmas. Dedans, des jeunes qui n'ont connu les grandes heures que par le récit des anciens.

Samedi, à Bayonne, 1 245 spectateurs se sont serrés dans la tribune réservée. Plus encore garnissaient les trois autres côtés d'un stade Jean-Dauger vibrant. Un gros millier avait suivi l'appel des Ultramarines pour une arrivée en cortège. Au-delà, les maillots et écharpes de toutes les époques ont envahi les terrasses des halles et du bord de la Nive. Un calque, en démultiplié, des scènes vécues de Locminé à Angoulême en passant par La Roche-sur-Yon.

« Mon père m'a amené aux Girondins et j'en suis devenu dingue, dit Thomas, habitant de Cavignac, abonné depuis 2004 et présent à Bayonne. Il y a eu du découragement. Mais depuis deux ans en N2, je vois des joueurs qui se battent, avec qui on peut discuter. J'espère qu'ils seront récompensés. » Emmanuel, venu de Picardie avec sa compagne et supporter « depuis mes 13 ans et Pauleta », sera ce samedi pour la première fois au stade Atlantique. « Le niveau ne change pas l'amour du maillot, dit-il. C'est dans les gènes. »

Derrière Mavuba, moins Lopez

Tous reconnaissent pourtant ce qu'Alain Giresse appelle le « tord-boyaux » : leur passion du Scapulaire se mêle à leur rancœur envers le président et propriétaire Gérard Lopez, dont la gestion entre 2021 et 2024 a fini d'envoyer le club en dépôt de bilan, avec trois divisions perdues, une centaine de salariés sur le carreau et la fermeture du centre de formation à la clé. Le même qui garde en main le destin de la SASP Girondins aujourd'hui avec ses apports financiers et son plan de continuation et reste le patron à distance.

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« Je ne me détournerai jamais, dit Alain Giresse. Je suis les résultats, encore plus avec Rio (Mavuba) aux commandes. J'ai échangé avec lui. La question, c'est pourquoi pas plus tôt ? Les anciens, on a tous la ferveur et l'envie que ce club remonte. Mais derrière, il y a toutes les interrogations sur l'extra-sportif avec cette direction. Venir au stade au milieu des supporters, oui, mais il y a des personnes que je ne veux pas croiser. »

« Ce qui est compliqué à vivre, c'est qu'en l'état actuel, on aura toujours l'épée de Damoclès administrative au-dessus de la tête, dit Frank. Mais on est derrière le sportif. Il y a eu une cassure dans le jeu début 2026 mais l'arrivée de Rio Mavuba a lancé une nouvelle dynamique. On y croit forcément. » Il s'attend à « une ambiance de feu » ce samedi. Même en N2.

Rio Mavuba : « une fierté pour les joueurs »

Comme joueur, de 2003 à 2008, il a connu des affluences moyennes en Ligue 1 de 23 000 à 25 000 personnes au stade Chaban-Delmas. Passé entraîneur, Rio Mavuba accueille comme « un bonheur » de revivre pareille affluence ce samedi. « Après ce qu'on a vécu ces dernières années, c'est une fierté de s'être mis en position de vivre ça sur ce match. Je suis content pour les joueurs car ils bossent vraiment bien. En venant, le public montre qu'il s'identifie. Mais j'espère surtout qu'il y aura les trois points. »