Pau FC : Les voix des anciens résonnent pour exiger des victoires à domicile
Comme à chaque semaine de match à domicile du Pau FC, et avant la rencontre de ce vendredi face à Bastia à 20 heures, le site alternatif de référence du club béarnais publie son traditionnel billet d'humeur. Même les soirs de match, béret vissé sur la tête et assis sur ces chaises en plastique blanc typiques des jardins mal tondus, les anciens paraissent toujours paisibles. Souvent, malpolis et trop pressés, on les entend plutôt qu'on ne les écoute. Et lui, on l'entendait souvent répéter : « On a jamais dit au gave d'aller plus vite, et il est toujours arrivé à la mer », avant de se resservir un verre de Saint-Mont. Nous nous hâtions dans la voiture, prenions la route, et faisions demi-tour pour un téléphone oublié. « La prochaine fois, t'écouteras pépé, capbourrut ».
Radio libre : Les figures historiques prennent la parole
En arborant la semaine dernière son maillot « Héritage Royal », le Pau FC en appelle aux figures historiques du pays pour restaurer le lustre de son blason. Dans « Contrôles Orientés », nous souhaitions aussi leur donner la parole. Parce que nous, on sait que les anciens, on les écoute.
Premier invité exceptionnel de notre rubrique, le Lion des Pyrénées : Gaston Fébus. Joint par téléphone, il dresse un bilan positif de l'actuelle situation du club : « À Pau, gagner chez soi n'est pas un luxe, c'est un devoir historique. Il est temps de redevenir souverain en notre antre, comme le Béarn le fut en 1347 sous mon autorité : intraitables sur nos terres, respectés au-delà des cols. Cent cinquante jours d'attente, de soirées tièdes où les espoirs de victoire se sont envolés sur un prétendu autel du jeu, cela suffit. L'arrivée, depuis l'est de nos montagnes, des îliens corses, bons derniers de Ligue 2, doit être suffisante pour regoûter à la victoire. »
Désir coupable : Henri IV critique la direction du club
Attachés au principe du contradictoire, et attentifs à donner droit de réponse à quelqu'un qui s'y connaît aussi bien que le public palois en termes de fidélité, nous accueillons la parole de Nouste Roy, Henri IV. Approché par l'intermédiaire de son profil Tinder, l'héritier des Bourbons dresse, lui, un constat plus âpre de la direction actuelle prise par le club : « J'ai toujours été un amoureux des plaisirs de la chair et du 4-2-3-1. Au château, quand on veut voir une organisation défensive et des victoires, on regarde Didier Deschamps. J'aimerais voir Meddah tenter des roulettes ailleurs qu'à trente mètres de nos buts, j'aimerais revoir nos latéraux faire autre chose que des touches, j'aimerais profiter d'arrêts de Raveyre… Je l'ai déjà dit, les déplaisirs talonnent toujours les contentements. Et nous étions jadis contents du jeu proposé. Je rappelle seulement que j'ai 473 ans, quand je me déplace au stade, ce n'est pas pour m'emmerder, sinon je reste boulevard des Pyrénées à jouer aux quilles, un genre de Möllky du XVIe siècle. »
L'hiver s'en va, et avec lui la frilosité qui l'accompagne, dans l'air et dans le jeu. Et à ceux qui perdent espoir, dans l'attente de revoir des 3-3 frustrants mais terriblement beaux, rappelez-vous qu'ils auront beau couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront pas le printemps.



