Le Nigeria a annoncé ce vendredi le rapatriement de plus de 1 000 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, à la suite d'une nouvelle vague de violences xénophobes qui a secoué plusieurs villes sud-africaines. Cette décision intervient après que des attaques ciblées contre des commerces et des habitations tenus par des étrangers ont fait au moins cinq morts et des dizaines de blessés.
Une escalade de la violence
Depuis plusieurs jours, des émeutes à caractère xénophobe ont éclaté dans les quartiers pauvres de Johannesburg, Pretoria et Durban. Des groupes de Sud-Africains, accusant les immigrés de voler leurs emplois et d'augmenter la criminalité, ont pillé des magasins et incendié des véhicules. Les forces de l'ordre ont été déployées en nombre pour tenter de rétablir l'ordre, mais la situation reste tendue.
Réaction du gouvernement nigérian
Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a condamné fermement ces actes de violence et ordonné le rapatriement immédiat de ses concitoyens. « La sécurité de nos ressortissants est notre priorité absolue », a-t-il déclaré dans un communiqué. Un vol spécial d'Air Nigeria a déjà été affrété pour transporter les premiers rapatriés, tandis que des bus sont mobilisés pour les rassembler dans des centres d'accueil.
Tensions diplomatiques
Cet incident ravive les tensions entre les deux poids lourds économiques du continent africain. Le Nigeria a convoqué l'ambassadeur sud-africain pour protester contre ce qu'il qualifie de « manque de protection adéquate » de ses citoyens. De son côté, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis de traduire les auteurs en justice et a appelé au calme.
Un phénomène récurrent
Les violences xénophobes ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud. En 2019, des émeutes similaires avaient déjà provoqué la mort de plusieurs personnes et conduit au rapatriement de milliers de ressortissants nigérians. Les autorités sud-africaines sont régulièrement critiquées pour leur incapacité à endiguer ces violences, alimentées par un chômage massif et des inégalités criantes.
Le rapatriement massif annoncé ce jour pourrait avoir des conséquences économiques pour les deux pays, de nombreux Nigérians occupant des postes clés dans le commerce et les services en Afrique du Sud. Les organisations internationales, dont l'Union africaine, appellent à une désescalade et à un dialogue entre les deux nations.



