Patrick Cazenave-Lacrouts : du rêve nantais au robot-tondeuse à Lons
Patrick Cazenave-Lacrouts : du Nantes au robot-tondeuse

Du centre de formation de Nantes au robot-tondeuse de Lons

Avant de traverser les années sulfureuses du Pau FC dans les années 90, Patrick Cazenave-Lacrouts, latéral droit originaire de Mazères, a frôlé le professionnalisme au sein du prestigieux centre de formation nantais. Aujourd'hui, il travaille à la mairie de Lons comme opérateur sur un robot-tondeuse télécommandé, après avoir été reclassé pour cause de tendinites multiples.

Les années mouvementées du Pau FC (1992-1999)

« Le fonctionnement était ce qu'il était », commente-t-il avec humour. « Nous, les joueurs, pensions uniquement au terrain. On était payés, donc il n'y avait pas de problème. » À cette époque, le club naviguait entre National et CFA, à la lisière du professionnalisme. Seuls trois ou quatre joueurs bénéficiaient de contrats fédéraux, les autres cumulaient emploi et primes de match.

Les rémunérations étaient modestes : 3000 francs (environ 450 euros) pour une victoire à l'extérieur, 1500 francs (225 euros) pour un match nul, et rien en cas de défaite. Pas de salaire fixe, seulement des indemnités kilométriques pour couvrir les frais.

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Entre entretien du terrain et entraînements

Son emploi du temps était chargé : « Au début, je ne vivais que du foot. Puis j'ai travaillé pour le club, sur le terrain même. Je m'occupais de l'entretien, du traçage, j'avais 19-20 ans. » Il collaborait avec Pierre Triep-Capdeville, ancien pilier de la Section Paloise : « On se parlait des matchs en rebouchant les trous du terrain sur lequel on venait de jouer... » Ce travail aux espaces verts municipaux lui laissait le temps de s'entraîner.

Le rêve nantais avorté

Avant son retour à Pau, il passe trois années au centre de formation de Nantes. Repéré par Robert Budzynski, il reçoit une offre irrésistible : « Il sort le carnet de chèques et nous donne 20 000 francs, une manne financière non négligeable pour la famille. » À la Jonelière, il côtoie la génération de David Garcon et Éric Loussouarn, sacrée championne de France U17.

Il fréquente également les professionnels : « J'y ai vu Deschamps, Desailly, Kombouare... J'avais pour voisin Japhet N'doram. Quand on n'avait plus que des cornichons dans le frigo, il nous invitait à manger. » Il se souvient aussi d'avoir « fait » les crampons de Didier Deschamps pour les assouplir.

Mais le passage au professionnalisme n'a jamais eu lieu : « Avec Mohamed Achbakou, nous étions aux portes de la D1... Reynald Denoueix nous a annoncé que personne n'était conservé. »

Retour à Pau et moments marquants

Nantes l'oriente vers le Pau FC, où il vit des moments forts. En 1994, il dispute un mémorable 8e de finale de Coupe face à Saint-Étienne : « Le Chaudron, c'était incroyable. Je fais un match correct face à Moravcic, Laurent Blanc, Gérald Passi... » La même année, une montée en Ligue 2 échoue en barrage contre Lyon La Duchère : « Ils mettent deux buts hors jeu. C'est une énorme déception. »

En 1998, une autre frustration : il ne joue pas le 8e de finale contre le PSG au Hameau, malgré une semaine d'entraînement intense. « Je suis assez intolérant à l'injustice, et j'ai un peu pété les plombs. »

Regrets et réalités

Regrette-t-il de ne pas évoluer dans le Pau FC actuel en Ligue 2 ? « Pas tellement, même si j'aurais adoré découvrir la Ligue 2. Aurais-je eu le niveau ? C'est une autre question. Ce n'est plus comparable avec mon époque. »

Aujourd'hui, Patrick Cazenave-Lacrouts a tourné la page du football professionnel, mais conserve précieusement les souvenirs d'une carrière riche en émotions, entre les pelouses de Nantes, les tribulations du Pau FC et désormais les espaces verts de Lons.

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