Le Tennis Squash Club Vauban de Nice a réalisé un exploit historique en remportant le championnat de Nationale 2 de squash, synonyme de montée en première division française pour la première fois de son histoire. « On est dans les neuf meilleurs clubs de France ! » s'exclame Mathieu Roux, membre du comité du club.
Un parcours fulgurant depuis 2020
Créé en mai 1981 sous l'impulsion de Charles Ehrmann, le club est aujourd'hui présidé par son fils, Charles-Paul Ehrmann. Doté de quatre terrains de squash en synergie avec les courts de tennis adjacents, le club a pris un tournant décisif en 2020 en décidant d'aligner une équipe compétitive. Parti du niveau régional, le club est rapidement monté en Nationale 3 avant de recruter l'entraîneur expérimenté Danny Mandil.
« On a commencé avec nos joueurs locaux et les enfants de Danny. On a été champions de France N3 dès la première année », se souvient Mathieu Roux. La consécration est arrivée lors des play-offs de N2 à Lille le 14 juin dernier, après deux échecs consécutifs. Qualifié en finale et déjà assuré de monter en N1, le club jouait le titre face aux favoris niortais. La stratégie du coach Danny Mandil a payé : « Je nous voyais faire match égal. J'avais dit aux joueurs de faire attention aux points gagnés pour la différence de jeux. » Le duel s'est soldé par un nul (2-2), mais Vauban a été déclaré vainqueur grâce à 9 jeux remportés contre 7.
Un collectif aux accents internationaux
Pour permettre cette montée, le club a recruté intelligemment tout en respectant le quota de deux joueurs français. Parmi les renforts de poids : Mohamed Gohar (Égypte, 92e mondial) et Jakub Solnicky (République tchèque, 149e mondial). « Le choix des étrangers a toujours été réfléchi. On ne veut pas de mercenaires qui viennent prendre un billet, mais des joueurs passionnés qui ont compris l'identité du maillot niçois », précise Mathieu Roux. L'équipe victorieuse à Lille comprenait également Rohan Mandil, Guillaume Lardy et Jakub Solnicky.
Le squash : un sport complet et stratégique
Avec 200 000 pratiquants en France, le squash est l'un des sports où l'on brûle le plus de calories en 45 minutes. « C'est un sport très complet. Un ancien champion anglais le comparait aux échecs à grande vitesse. Entre nos quatre murs, il ne s'agit pas juste de taper dans la balle, il faut maîtriser des trajectoires fulgurantes », explique Danny Mandil. « C'est le seul sport de raquette où les opposants partagent le même espace de jeu. De l'extérieur, on ne se rend pas compte de la difficulté et du combat que cela génère dans l'arène », ajoute Mathieu Roux.
Vers l'avenir : maintien et développement
Pour pérenniser sa place dans l'élite, le club mise sur son école de squash et sa labellisation 4 étoiles, incluant formation, arbitrage et organisation de tournois. L'objectif de la saison prochaine en première division sera le maintien, en capitalisant sur un groupe soudé. Le squash bénéficie également d'une belle dynamique : si le Covid a poussé certains joueurs vers le padel, les puristes sont de retour. L'intégration du squash aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028 offre une vitrine, portée par le Toulonnais Victor Crouin, actuel 6e mondial, qualifié de « très bel ambassadeur » par Danny Mandil.
Portrait de Danny Mandil, l'entraîneur aux multiples talents
Ancien joueur de haut niveau de badminton, de football et de squash, Danny Mandil, 71 ans, a rejoint Vauban il y a six ans par hasard. « Je suis arrivé en France en 1978. À Londres, j'étais joueur de badminton. » Après un passage au Stade Français en football, il se tourne vers le squash et devient première série (parmi les 30 meilleurs joueurs français) en un an et demi. Il entraîne pendant quarante ans en région parisienne, où ses fils intègrent l'équipe de France jeunes. En 2018, il découvre Nice en cherchant un logement pour son fils cadet Hugo, et répond à une annonce de Vauban qui cherchait un professeur. Aujourd'hui, il hisse l'équipe et deux de ses fils, Rohan et Quint, en première division.



