Le 3 juillet 1990, au stade San Paolo de Naples, Diego Maradona et l'Argentine affrontent l'Italie en demi-finale de la Coupe du monde. Pour Maradona, star du Napoli depuis 1984, ce match est un déchirement : il espère le soutien du peuple napolitain, mais ces derniers choisissent leur pays. La banderole dans la Curva est sans équivoque : « Naples t'aime, mais l'Italie est notre pays ».
Le dilemme napolitain
Maradona avait lancé un appel avant le match : « Amis Napolitains, pendant 364 jours de l'année, vous êtes considérés comme des étrangers dans votre propre pays. Aujourd'hui, vous devez faire ce qu'ils veulent que vous fassiez : supporter l'équipe d'Italie. Je suis Napolitain pendant 365 jours par an. Je ne peux demander plus aux Napolitains que ce qu'ils me donnent depuis six ans, mais s'ils veulent me faire plaisir, j'aimerais qu'ils soutiennent l'Argentine. » Malgré cet appel, Naples choisit l'Italie.
Le match et ses conséquences
Le match se termine sur un score de 1-1 après prolongation, et l'Argentine l'emporte aux tirs au but (4-3). Maradona, qui a toujours souligné la fracture entre le Nord et le Sud de l'Italie, est sifflé par le public romain lors de la finale contre l'Allemagne le 8 juillet, perdue par l'Argentine (0-1). « Hijo de Puta », murmure-t-il face à la caméra pendant les hymnes, en réponse aux sifflets.
Le crépuscule de Maradona
À 30 ans, au faîte de sa gloire, Maradona entame son déclin. En 1992, il quitte Naples, miné par la Camorra et les nuits napolitaines. Lors du Mondial 1994 aux États-Unis, il est exclu pour dopage après un huitième de finale contre le Nigeria. Sa carrière ne se remettra jamais de cette chute.



