Sébastien Migné : « Mougins, un formidable laboratoire » pour sa carrière
Migné : « Mougins, un formidable laboratoire »

Sébastien Migné, le sélectionneur d'Haïti qui participe à la Coupe du monde 2026, s'est confié à Nice-Matin sur ses années passées au FC Mougins. Avant d'affronter l'Écosse dans la nuit de samedi à dimanche (3h), le technicien vendéen de 53 ans garde un excellent souvenir de sa première expérience d'entraîneur sur le banc mouginois (1998-2000). Il avait alors fait monter l'équipe en Promotion d'Honneur A, le plus haut niveau départemental, après avoir débuté comme entraîneur-joueur avant de devenir coach à temps plein.

Un premier pas dans le métier

Sébastien, racontez-nous votre arrivée à Mougins…

J'ai d'abord encadré les minimes en 1993, des jeunes de 11-12 ans. On a accédé au niveau régional. J'ai validé mon premier diplôme d'État et en 1998 j'ai pris l'équipe Une, devenant entraîneur général. C'était une superbe expérience à 24-25 ans. J'avais tout un club de 500 licenciés à gérer. Vous gérez des mecs plus vieux ou des amis comme Sébastien Desabre (l'actuel sélectionneur de la République Démocratique du Congo, également qualifiée pour le Mondial et qu'il a lancé dans le métier). J'ai mis les mains dans le cambouis. C'est une expérience qui me sert encore parce qu'il a fallu pas mal d'adaptation. Cela m'a certainement aidé pour la suite dans les clubs français et surtout dans les sélections en Afrique, où il faut à coup sûr de l'adaptabilité.

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Exigence et adaptation au niveau amateur

On vous décrit comme exigeant. Comment avez-vous réussi à faire accepter votre projet sans paraître prétentieux ou décalé avec le niveau amateur ?

Pour moi, j'entraînais déjà en Coupe du monde, même si on était en Promotion d'honneur. Il y avait de l'exigence à l'entraînement mais j'ai su m'adapter parce que certains joueurs travaillaient, d'autres étudiaient. Je voulais être un entraîneur entraînant. À tous ces garçons, il fallait leur raconter une histoire pour qu'ils adhèrent.

« Avec Desabre, un lien fraternel »

Quel souvenir gardez-vous de vos années mouginoises synonymes de tremplin ?

Il est super, assurément. Mougins, comme La Roche-sur-Yon (CFA2, 2005-06), reste une étape très très forte. Des liens existent encore avec l'entourage de ces clubs. Je n'ai pas oublié d'où je viens. Je me suis constitué un socle sur lequel je m'appuie toujours. Il y a eu plein d'étapes, on continue d'avancer, mais c'est une fondation. Cela a été un formidable laboratoire dans ce monde amateur, en passant par les jeunes et les seniors. Mes carnets de séances ne sont plus les mêmes parce que j'ai pu tester plein de jeux et des choses.

À Mougins, vous avez rencontré Sébastien Desabre, devenu un ami et dont vous avez été l'entraîneur au FCM. Parlez-nous de votre relation ?

On a un lien familial, presque fraternel. Il vit à 5 km de chez moi (à Bordeaux). En avril, on a regardé ensemble PSG-Liverpool en Ligue des champions. On est en lien tous les jours au téléphone pour parler de nos vies et de foot. On n'est pas toujours raccord niveau foot, mais ça nous bonifie et nous enrichit. On a des avis divergents parfois mais on essaie de convaincre l'autre. C'est plus facile ensuite face aux joueurs et aux médias, on se remet en question. C'est constructif, il y a une aide mutuelle. C'est un coup extraordinaire qu'on soit tous les deux au Mondial. Le succès de l'un rend l'autre heureux. J'ai été au Maroc pour le soutenir pendant la dernière Coupe d'Afrique des Nations. Me qualifier seul aurait créé une frustration chez moi. Qu'on se rencontre cet été, ce serait délicat. Ça arrivera peut-être un jour mais on est de nature à laisser faire le destin. Il sera mon premier supporter et je serai le sien.

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