Le MHSC Féminines change de cap en pleine tourmente sportive
Le Montpellier Hérault Sport Club féminin traverse une période difficile en Première Ligue, avec une dernière place au classement qui a conduit à une décision radicale en début de semaine. Yannick Chandioux a été évincé de son poste d'entraîneur après une série de onze matchs sans victoire, la dernière défaite face au Havre ayant scellé son destin au sein du club.
Une décision stratégique pour relancer la dynamique
Paul Bouffard, président du MHSC Féminines, justifie ce changement par la nécessité d'« activer les leviers » face à des résultats insuffisants. « Le contenu est bon mais les résultats ne suivent pas », explique-t-il, soulignant que le départ de Chandioux vise à créer une prise de conscience collective et à réunir l'ensemble du groupe autour d'objectifs communs.
Le timing de cette décision peut surprendre, alors que quatre nouvelles recrues viennent juste d'arriver au club, des joueuses que Chandioux réclamait depuis longtemps pour renforcer un effectif limité et éprouvé par les blessures. Mais pour Bouffard, « il n'y a jamais de bons moments, il faut prendre des décisions avant qu'il ne soit trop tard ».
Baptiste Merle prend les rênes jusqu'à la fin de saison
C'est l'adjoint Baptiste Merle qui assure désormais l'intérim à la tête de l'équipe, et ce jusqu'au terme de la saison. Ce choix s'inscrit dans une logique de continuité plutôt que de rupture totale. « Créer un électrochoc mais je ne suis pas convaincu que tout chambouler, tout effacer à ce moment-là de la saison soit une bonne solution », précise le président.
L'idée est de maintenir une vision commune tout en insufflant un nouveau souffle. « C'est une réunification autour du staff qui se connaît par cœur, que les joueuses connaissent ; il y a une forme de continuité mêlée à une fraîcheur ». L'objectif est clair : recentrer les joueuses sur le travail à venir plutôt que sur la rupture, avec pour mot d'ordre « on regarde devant, pas derrière ».
Un club en pleine restructuration
Ce dossier sportif s'ajoute aux nombreux chantiers entrepris par le club, qui a pris son indépendance du MHSC masculin en décembre dernier. Depuis janvier, une véritable structuration est en cours avec le recrutement de personnels administratifs dans divers domaines : ressources humaines, comptabilité, communication, et même un manager des opérations sportives.
Des mesures concrètes ont déjà été mises en place, comme la prise en charge nutritionnelle des joueuses. « À compter d'aujourd'hui, on nourrit l'équipe professionnelle, tous les jours, tous les midis », révèle Bouffard, soulignant l'importance de cet aspect pour des sportives de haut niveau.
Perspectives et prochaines échéances
Le calendrier réserve une échéance de taille avec la réception du Paris Saint-Germain, prévue les 21 ou 22 mars au stade de la Mosson. Ce déplacement du match depuis le stade de Grammont (300 places seulement) vers un enceinte plus grande répond à une volonté de visibilité et de développement.
« Cet outil et la base sont bons mais pas suffisants pour pouvoir atteindre nos ambitions », reconnaît le président, pour qui ce match contre le PSG représente une étape importante dans la valorisation du club et la recherche de nouveaux partenaires.
Alors que le MHSC Féminines tente de se reconstruire sur des bases solides, l'appétit devra désormais venir du terrain pour concrétiser ce projet ambitieux mais encore fragile.