La Garonne girondine en alerte maximale face aux risques de crues majeures
Le secteur de La Réole sur la Garonne girondine demeure placé en vigilance rouge par le service de prévisions des crues, alors que des phénomènes comparables aux inondations de 2019 sont anticipés. Les prévisionnistes et hydromètres de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) maintiennent une surveillance continue depuis le début des intempéries, avec des équipes mobilisées en permanence pour évaluer les risques et fournir des données fiables.
Des niveaux critiques et des prévisions inquiétantes
Ce jeudi soir, la hauteur de la Garonne à La Réole était mesurée à 8,46 mètres. Selon les projections de Vigicrues, le cours d'eau pourrait atteindre 8,80 mètres en début de soirée vendredi, approchant ainsi le record de 2019 qui s'élevait à 8,87 mètres. Olivier Duthille-Pairault, chef du service des risques naturels et hydrauliques de la Dreal, explique la complexité de la situation : "Ce qui se passe dans ce secteur, c'est l'arrivée d'eau à la fois de la pluie et de la Garonne marmandaise qui, elle-même, dépend beaucoup de la propagation des rivières de l'Aveyron, du Lot et des Pyrénées."
Les experts prévoient que la Garonne atteindra un plateau vendredi, qui pourrait persister longtemps avec un possible rebond dans la nuit de samedi à dimanche. Le conditionnel reste toutefois de mise, car les prévisions s'appuient principalement sur des données météorologiques fiables à 24 heures, mais moins au-delà.
Une gestion de crise prudente pour éviter les messages contradictoires
La Dreal a décidé de maintenir la vigilance rouge sur ce tronçon, malgré l'approche du plateau. Olivier Duthille-Pairault justifie cette prudence : "Comme on est sur un plateau avec un possible rebond, on ne va pas sortir du rouge pour risquer d'y repasser ensuite. Le 'yo-yo' est très mauvais pour la gestion de crise. On ne veut pas envoyer de mauvais messages : si les gens pensent que c'est fini, ils pourraient enlever les batardeaux trop tôt." Cette approche vise à prévenir tout relâchement prématuré des mesures de protection.
Le Libournais également sous haute surveillance
D'autres secteurs sont scrutés avec attention, notamment dans le Libournais où la préfecture a signalé jeudi un risque de débordements importants pour la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 février. Dix-neuf communes sont concernées :
- Civrac-sur-Dordogne
- Cabara
- Saint-Sulpice
- Mouliets-et-Villemartin
- Flaujagues
- Vignonet
- Saint-Jean-de-Blaignac
- Sainte-Florence
- Moulon
- Branne
- Saint-Vincent-de-Pertignas
- Sainte-Terre
- Saint-Magne-de-Castillon
- Castillon-la-Bataille
- Saint-Pey-de-Castets
- Juillac
- Saint-Émilion
- Libourne
- Génissac
Dans le secteur de Coutras, la Dronne est aussi étroitement surveillée, avec des niveaux qui "continuent de monter", selon Olivier Duthille-Pairault. La météo n'offre guère de répit : après une accalmie prévue ce week-end, de nouvelles pluies sont attendues à partir de dimanche, ce qui pourrait aggraver la situation et prolonger les risques d'inondation dans la région.