Magic System aux Nuits du Sud : le rêve d'un Stade de France pour ses 30 ans
Magic System : le rêve d'un Stade de France pour ses 30 ans

Samedi 18 juillet au soir, Magic System a fait chavirer de bonheur la place du Grand-Jardin avec ses nombreux tubes, pour la dernière soirée des Nuits du Sud, à Vence. Le groupe ivoirien garde une envie intacte après 30 ans de carrière.

Un public transgénérationnel conquis

Au commencement, ils étaient une cinquantaine. Une sorte de collectif où tout le monde allait et venait, sans imaginer qu'un jour, le succès pourrait être au bout du chemin. Aujourd'hui, le noyau dur de Magic System est composé de quatre membres. Tellement soudés qu'on en viendrait à ne plus se demander comment ces gars-là ont pu traverser trois décennies en œuvrant encore ensemble, alors que tant de groupes se sont crashés bien plus vite.

Ce samedi 18 juillet au soir, aux Nuits du Sud, à Vence, la cohésion était une nouvelle fois au rendez-vous. Entre le « carré magique » ivoirien et ses musiciens, et avec le public, évidemment. De Premier Gaou à Ki dit mie en passant par Chérie Coco, Bouger Bouger ou Zouglou Dance, Magic System a désormais marqué plusieurs générations. Ce constat, c'est peut-être l'une des plus grandes fiertés d'A'Salfo, le leader et parolier de la bande. Juste après le show, on l'a retrouvé dans sa loge pour une interview où la générosité était de mise, comme sur scène.

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« Donner du bonheur » : une mission thérapeutique

Quand vous sortez d'un concert, quels sentiments vous traversent en général ? « C'est toujours ce sentiment d'avoir donné du bonheur, d'avoir mis de la joie dans le cœur du public. C'est notre première préoccupation. Parce que quand on tourne 30 ans, on a l'impression de chanter les mêmes choses mais le public diffère. De la scène, on voit toutes les manifestations de joie. Ici, à Vence, le public a été avec nous de la première à la dernière minute, il était infatigable. »

Face à vous, il y avait des spectateurs d'âges différents… « C'est transgénérationnel oui, on remercie le ciel pour ça. On voit que chacun a une histoire avec Magic System, une chanson à lui. D'ailleurs, vous avez dû le remarquer, en 1 h 30 de show, on n'a pas assez de temps pour jouer tous les hits. En festival, on ne peut pas empiéter sur le temps des autres artistes. Mais pour la célébration de nos 30 ans de carrière, avec une tournée des Zéniths [dans notre région, ce sera le 14 février au Dôme de Marseille, ndlr], on s'accordera le bon timing pour y arriver, avec une très belle scénographie. Ce sera inoubliable. Il y aura les hits, mais aussi des chansons inédites. »

Le rêve du Stade de France

Le point d'orgue de cette célébration, ce sera l'Accor Arena, le 21 mars 2027 ? « Ce sera l'apothéose. Après, quand on a la chance d'avoir traversé toutes ces époques, on se dit que réunir nos fans dans un stade, ça pourrait être mémorable aussi. Alors qui sait, il y aura peut-être un Stade de France ? C'est réalisable, même s'il faut rester humble. »

D'autant plus que vous avez une histoire avec ce Stade de France… « Oui, en 2018, on était là pour accueillir l'équipe de France quand elle est venue présenter la Coupe du monde qu'elle avait gagnée en Russie. Là, on a aussi vécu quelque chose de mémorable. En 1998, on était encore tout jeunes pour regarder Zidane, Deschamps et les autres brandir ce trophée à la télé. Et vingt ans après, Griezmann, Pogba, Mbappé et les autres l'ont fait sur l'une de nos chansons [Magic in the Air, choisie par la Fédération française de football pour accompagner chaque but des Bleus à l'époque, ndlr]. C'était incroyable, ils étaient tous venus danser autour de nous ! »

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Un engagement social fort

Vous parliez de votre envie de donner du bonheur aux gens. Peut-on voir cela comme une forme d'engagement ? « C'est un engagement. Aujourd'hui, quand on voit l'état de santé général du monde, on se dit qu'il est plus facile d'arracher des pleurs à quelqu'un qu'un sourire. Et nous, on arrive à le faire. C'est une valeur ajoutée que tout le monde n'a pas. Dans nos chansons, on vous dit d'oublier vos soucis, c'est une mission pour nous. Je dis qu'on fait de la musique thérapeutique. On voit souvent des gens en fauteuils roulants venir à notre hôtel, on sait qu'on leur a donné de la force. Comme on le chante dans Bouger Bouger : “tant que y'a la vie, on dit toujours y'a espoir”. Tout cela, c'est plus important que le nombre de disques d'or ou de Grammy Awards dans un placard. »

Le fait que vous soyez vus comme des « ambianceurs » peut-il masquer un aspect plus social dans votre parcours ? « Je ne sais pas mais ce qui est sûr, c'est que Magic System a un impact social. Après les gouvernements, en Afrique, on fait partie de ceux qui offrent le plus aux populations. Avec notre fondation, on construit des écoles, des hôpitaux. On ne le dit pas partout, parce que quand tu fais un cadeau, tu ne montres pas l'étiquette avec le prix dessus. La valeur première d'un artiste, c'est le partage. »

Parmi les hits, « Premier Gaou » reste le plus cher

On ne choisit pas son « enfant préféré ». Mais parmi tous vos hits, y en a-t-il un dont la trajectoire vous touche particulièrement ? « On ne choisit pas parmi ses enfants, mais on peut en faire beaucoup ! (il rit) Quand le fils aîné devient médecin et qu'il tire tous les autres vers le haut, il y a de quoi être fier. Donc je dirais Premier Gaou, le titre qui nous a ouverts au monde [28 semaines dans le top singles en France, avec un pic à la 4e place]. C'était un pari, on était inconnus et le morceau était différent du reste. »

Des collaborations choisies avec soin

Vous avez collaboré avec le 113, Soprano ou encore Big Ali. Comment choisissez-vous ces collaborations ? « C'est une question d'état d'esprit, il ne faut pas que ce soit une histoire commerciale. Pour Chérie Coco, ça s'est fait très simplement. Soprano devait travailler avec nous sur autre chose, il a entendu ce morceau et il a voulu poser sa voix dessus. Là, on vient de sortir Mauvais caractère avec Zaho. Elle a pensé à nous, on est allé en studio et ça s'est bien passé. Après, il n'y a pas de garantie : on avait fait un morceau avec Shaggy (Vas-y Molo, 2011) qui est passé complètement inaperçu ! »

Avec la nouvelle génération, on peut s'attendre à un rapprochement aussi ? « Oui, le courant passe bien avec Triangle des Bermudes [le groupe a accroché un single de diamant pour son titre Charger, phénomène de l'an dernier]. Nos staffs se sont rapprochés, ça va le faire… »