Ludivine Furnon, championne de France, d'Europe et médaillée mondiale, revient sur son parcours exceptionnel, son retour dans sa ville natale de Nîmes et ses projets actuels. Dans un entretien, elle livre des confidences touchantes sur les sacrifices consentis et la fierté de voir son nom attribué à une halle des sports.
Un hommage inoubliable
Le 5 novembre dernier, la halle des Sports de Nîmes a été baptisée à son nom. « C'est la plus belle reconnaissance que l'on pouvait me faire », confie-t-elle. Lorsque le maire Jean-Paul Fournier lui a annoncé la nouvelle par téléphone, elle venait d'inaugurer une salle de gymnastique à Paris. « J'ai eu du mal à réaliser que ce serait toute la halle des sports de Nîmes qui porterait mon nom. Je lui ai fait répéter plusieurs fois. Puis il m'a reçue dans son bureau et j'ai proposé un spectacle. J'ai vécu cette journée intensément, avec beaucoup d'émotion. Je ne l'oublierai jamais. Je laisserai une trace dans ma ville. »
Un parcours hors norme
Interrogée sur ses regrets éventuels, elle répond sans hésitation : « Pas vraiment. J'ai commencé la gymnastique tard, à 12 ans, mais quand j'ai découvert ce sport, rien ne pouvait m'arrêter. Tous les jours, je devais faire quelque chose de nouveau. J'étais passionnée à 1000 %. J'ai fait des sacrifices, mais j'ai aimé les faire. Quitter ma ville, ma famille a été le plus dur, mais je savais pourquoi. Je n'ai pas eu d'adolescence comme tout le monde, mais j'étais dans ma bulle. » Elle évoque aussi la pression et le mental difficiles à gérer, passant de l'anonymat à une réception à l'Élysée par Jacques Chirac à 15 ans. « C'était énorme, je n'étais pas préparée, et cela m'a coûté des échecs. Mais l'important est de se relever. »
Le retour à Nîmes et la famille
Aujourd'hui mère de deux jeunes enfants, elle a choisi de revenir s'installer à Nîmes. « Je suis partie très jeune pour Marseille, mais je me suis toujours dit que je reviendrais. Nîmes reste mon coup de cœur, malgré tous les beaux pays que j'ai parcourus. » Sa fille s'entraîne dans la halle qui porte son nom : « Ça me fait bizarre de la voir pratiquer ce sport, mais elle est incroyable. Chaque fois que j'y emmène mes enfants, je me dis : ton travail a payé, ces années d'efforts, d'entraînement acharné, ces sacrifices… Il y a encore de la reconnaissance. »
Projets et politique
Elle prépare des spectacles, mais à un rythme moins intense pour ne pas quitter ses enfants plus d'une semaine. « Je ne veux pas passer à côté de les voir grandir. » Présente lors de la déclaration de candidature de Franck Proust, elle précise : « Pour l'instant, rien de politique. C'est un ami de longue date de mes parents, on a sympathisé. Il admire mon parcours et j'apprécie le personnage. Mais je ne me prononce pas encore. »
Ludivine Furnon, née en octobre 1980, a découvert la gymnastique à 12 ans. Elle a été médaillée mondiale en 1995, championne d'Europe au sol en 2000, puis a intégré le Cirque du Soleil. En 2010, elle a participé à La France a un incroyable talent avec un numéro de pole dance, terminant sixième de la finale.



