Coupe du monde 2026 : les supporters font trembler le sol
Les supporters font trembler le sol à la Coupe du monde 2026

Le football fait vibrer les supporters, parfois littéralement. Le 17 juin, à Bergen, un sismographe installé dans une cave de l'université a enregistré des vibrations nettes au moment précis où Erling Haaland marquait un but contre l'Irak (4-1). Quelques jours plus tôt à Mexico, la station sismique d'Anahuac a détecté un pic soudain d'énergie provoqué par les supporters célébrant un but de la sélection mexicaine. Ces épisodes illustrent l'un des phénomènes les plus insolites de cette Coupe du monde 2026 : des supporters qui font trembler le sol.

Un phénomène déjà observé lors de concerts

Au Mexique, l'épisode s'est répété lors du match contre l'Équateur en 16e de finale (2-0), où les organismes de surveillance ont enregistré un « signal sismique artificiel », rapportent plusieurs internautes et des médias comme Wired. Ce mécanisme avait déjà été documenté ailleurs : une étude publiée en 2024 dans la revue Seismological Research Letters montrait qu'un concert de Taylor Swift en août 2023 avait généré de fortes vibrations sismiques enregistrées jusqu'à environ 9 km autour du stade.

Des séismes très faibles mais potentiellement universels

Mathilde Bottger Sorensen, directrice du groupe de recherche en géophysique de l'université de Bergen, explique ce phénomène. « Il n'est pas rare d'observer des signaux sismiques lors de concerts ou de grands événements sportifs, mais cela se produit généralement quand des dizaines de milliers de personnes sont rassemblées et scandent ou dansent en rythme », détaille-t-elle. « Ce qui est un peu particulier ici, c'est que nous observons les secousses en Norvège, très loin des stades où se jouent les matchs. » Selon elle, les signaux proviendraient des rassemblements organisés pour les retransmissions publiques : « Nous avons par exemple une tente accueillant 3 000 personnes tout près de la station sismique de Bergen, où les signaux ont été observés pour la première fois. »

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Un facteur géologique favorable en Norvège

Les signaux enregistrés restent très faibles, mais le phénomène n'est sans doute pas une exclusivité norvégienne ou mexicaine. « Je ne pense pas que ce soit un phénomène propre à la Norvège, indique la chercheuse. Je ne connais pas d'autres endroits où cela a été observé, mais je suis certaine que d'autres exemples pourraient être trouvés si l'on cherchait. » Un facteur géologique jouerait cependant en faveur de certains endroits. « La Norvège est globalement bâtie sur de la roche dure, qui transmet très bien les vibrations, complète Mathilde Bottger Sorensen. Avec des roches plus tendres ou des sédiments, on s'attendrait à ce qu'une partie de l'énergie soit dispersée ou absorbée, ce qui donnerait des observations plus faibles. »

Et en France ?

Sur le site du BCSF-Rénas, organisme piloté par l'École et observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg et chargé de la surveillance sismique du territoire, aucun événement ne semble avoir coïncidé avec les récents buts des Bleus. Ce qui n'empêchera pas les supporters de continuer à vibrer pour les Bleus, mardi, pour leur demi-finale contre l'Espagne.

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