Les Maritimes, exténués mais vainqueurs chez le Racing (24-26) ce dimanche, ont mis la pression sur Toulon en vue du top 8. Mais il leur faudra faire mieux que les Varois face au champion de France, le 18 mai.
Un succès dans la douleur
Les cinq dernières minutes du succès du Stade Rochelais chez le Racing 92 (24-26), ce dimanche, expliquent pourquoi ces équipes ne sont pas parmi les six qualifiables, ni, non plus, larguées dans la course à la phase finale. Car si elles ont été à même de pousser leur rivale dans les cordes après une telle intensité, toutes deux ont terriblement manqué de patience pour tuer le match, à une minute trente du terme pour les Jaune et Noir et après la sirène pour les Ciel et Blanc. Les premiers ont gagné, mais cela s’est un peu joué à la pièce, comme c’est parfois le cas dans les éliminations directes.
Rochelais et Racingmen en joueront-ils à l’issue de la 26e journée ? Rien n’est sûr, qui plus est avec des victoires à l’extérieur décrochées par leurs concurrents tels que les Clermontois à Toulouse (24-26 le 26 avril) ou les Bordelo-Béglais à Bayonne (38-40 ce samedi). Ainsi, les hommes de Patrice Collazo restent 7es à trois points de l’UBB, le 6e, et devancent ceux de Ronan O’Gara avec la même marge. Malgré cinq victoires lors des six dernières journées, ceux-ci sont donc à plus d’un succès des Girondins.
L’objectif Champions Cup
Rentrés dans la nuit, si le carton plein reste nécessaire pour décrocher le top 6, La Rochelle a en revanche fait un pas important dans l’optique des huit premières places, synonymes de Champions Cup, le seul objectif ouvertement déclaré par Ronan O’Gara ces dernières semaines. Huitièmes, les Maritimes devancent désormais Toulon de trois unités alors que les Varois se déplaceront chez le Racing 92 samedi, puis recevront l’UBB avant de finir à Castres, quand la Caravelle a deux rendez-vous à négocier à Marcel-Deflandre et un voyage à Montauban.
Le défi toulousain en ligne de mire
« Le plus dur reste à faire, avec la réception de Toulouse, qui a fait un match exceptionnel », prévient Oscar Jegou. Or, ce menu commence par la venue de Toulouse. Un champion de France qui a fait voler en éclats les Toulonnais (27-51) samedi et contre qui il faut pouvoir mettre son corps sur la ligne quatre-vingts minutes durant, et même un peu plus. Le RCT, qui sortait d’une demi-finale chez le Leinster, n’a pu le faire. Qu’en sera-t-il des Jaune et Noir, qui ont dû rentrer en car dans la nuit – ce qui aura un impact sur leur semaine – après avoir tout donné ?
La fatigue comme facteur clé
Il fallait voir Davit Niniashvili – qui a souffert de crampes dès l’heure de jeu – vider la moitié d’une bouteille avant de devoir faire répéter une question, trop fatigué pour la traduire d’emblée, pour comprendre que ce choc laissera des traces. « Le banc a amené de l’énergie, on l’a partagée entre nous, souffle le Géorgien. Je ne veux pas déjà parler de Toulouse, on vient juste de finir ce match… »
« Ils étaient un peu au bout du rouleau », estime Patrice Collazo, le manager vaincu. « Il faisait chaud et on a tous eu du mal à avoir ce second souffle ; c’est sûr que c’est à cause de ça qu’on se met à faire des fautes, qu’on se baisse moins sur les collisions, qu’on recule, qu’on s’énerve. C’est peut-être là où il faut travailler, pour être plus lucide et froid vers cette 60e pour tuer le match plus tôt », complète Oscar Jegou. « Que c’est dur de gagner en Top 14 cette saison, lâche le 3e ligne international. Ça demande une énergie comme on ne l’a jamais connu sur les saisons précédentes, ça prouve que le niveau augmente. Partout où l’on va, c’est compliqué. Mais c’est un grand plaisir de gagner [dimanche] soir. Maintenant, le plus dur reste à faire, avec la réception de Toulouse, qui a fait un match exceptionnel. On sait où l’on va mettre les pieds, mais on est prêt. »



