Ce vendredi à 11 heures, les Hyéroises Lauriane Nolot et Lysa Caval disputent les phases finales du kitefoil à domicile lors de la Semaine olympique française. Une échéance cruciale avant le championnat du monde, dans quinze jours au Portugal.
Un dernier banc d'essai avant le Mondial
Depuis Palma et la victoire de Lauriane Nolot sur la première étape de la Coupe du monde, la discipline vole haut. La finale de la Semaine olympique française ne sera pas qu'un rendez-vous de prestige : elle constitue le dernier vrai test avant le Championnat du monde, du 9 au 16 mai à Viana do Castelo, au Portugal. L'objectif majeur d'une saison que les Bleus entendent ne pas manquer.
Avec quinze nœuds de vent, vingt dans les rafales et beaucoup de clapot, la rade n'a rien offert en cadeau cette semaine. C'est précisément ce que le staff souhaitait. « Il faut s'habituer aux vagues, explique Pascal Chaullet, l'entraîneur national. Le championnat du monde, on va avoir du clapot, du courant. C'est une donne qui n'est pas toujours maîtrisée collectivement. »
Lauriane Nolot tout en haut
Dans cet environnement turbulent, les Tricolores ont travaillé, notamment sur les départs. Cette obsession du couloir de départ, cette science du premier bord qui peut faire ou défaire une course à 25-30 nœuds, était au cœur de la préparation. « On a de gros axes de travail sur le départ avant le Championnat du monde, confirme Chaullet. Et ça s'avère plutôt productif, tout en ayant des résultats très satisfaisants. »
La preuve par les faits : Lauriane Nolot a survolé les qualifications. La Campsoise licenciée à Hyères a signé quatre victoires ce jeudi sur cinq manches, s'offrant même le luxe de ne pas s'aligner sur la dernière pour économiser ses jambes avant la finale. Elle aborde donc la phase finale avec une longueur d'avance, à égalité de points avec la championne du monde junior 2025, l'Argentine Catalina Turienzo. « Mon mood, il est bien, sourit-elle. J'étais en forme toute la semaine, je ne vois pas pourquoi demain (aujourd'hui) ce ne serait pas le cas. » Chez elle, la perspective d'entendre la Marseillaise sur le podium de la base nautique n'est pas un détail. « J'ai vraiment envie de chanter sur le podium. Là il n'y a plus qu'à. »
Lysa Caval a une « carte à jouer »
À ses côtés dans le top 10, une autre Hyéroise : Lysa Caval, septième. L'Espoir féminin 2025, qui passera par les quarts, jongle cette semaine entre le poids de la compétition et une charge physique délibérément maintenue à l'approche du Mondial. « Lysa associe un gros travail physique en ce moment qui n'a pas été relâché malgré l'épreuve, analyse Chaullet. Ça rajoute une charge globale qui a son impact sur la capacité à performer. Mais elle est très rapide, très pertinente dans les petites flottes. Elle a une vraie carte à jouer. »
Du côté des hommes, la semaine aura servi d'autre façon. L'Arcachonnais Benoît Gomez, meilleure carte tricolore, arrive après une saison hivernale chargée. Il n'a pas accédé à la flotte or, mais l'objectif n'était pas là. « Il s'est appliqué à naviguer et à prendre de l'expérience sur des stratégies de départ qu'il n'a pas du tout l'habitude de faire, jusqu'à la fin. C'est la plus-value pour la suite. »
Les jeunes, eux, engrangent. Leur courbe de progression est jugée « très encourageante » par un staff qui a perdu 75 % de ses effectifs entre l'ancien et le nouveau cycle olympique.
Un format sans filet
Ce vendredi, le format sera sans filet : quarts, demies, puis finale où Nolot et Turienzo arrivent avec une victoire d'avance. Pour remporter l'épreuve, une manche peut suffire. « Si tout se passe bien, je peux faire une manche, la mener dès le début et gagner, souffle la Varoise. C'est l'objectif. » Dans quinze jours, ce sera le monde entier. Mais ça commence ici, à la maison.



