La sécheresse qui frappe la Bretagne cet été a des conséquences dramatiques pour les maraîchers. Selon un rapport de la chambre d'agriculture, les pertes de récoltes atteignent jusqu'à 100 % dans certaines exploitations. À Saint-Pol-de-Léon, l'un des principaux bassins légumiers de la région, les producteurs tirent la sonnette d'alarme.
Des pertes allant de 30 à 100 % selon les exploitations
Le manque d'eau a frappé de plein fouet les cultures de plein champ. Les choux-fleurs, artichauts, oignons et autres légumes voient leurs rendements s'effondrer. « Je suis à 100 % de pertes en Bretagne », témoigne un maraîcher de la région, qui préfère garder l'anonymat. D'autres producteurs affichent des pertes plus modérées, de l'ordre de 30 à 50 %, mais la tendance est générale.
La sécheresse a débuté dès le printemps, avec un déficit de précipitations de 40 % par rapport à la normale. Les nappes phréatiques, déjà basses, n'ont pas pu être rechargées. Les restrictions d'eau ont été mises en place dans plusieurs départements bretons, limitant l'irrigation des cultures.
Des cultures de plein champ particulièrement touchées
Les cultures de plein champ, qui dépendent directement des pluies, sont les plus affectées. Les légumes d'industrie, comme les petits pois ou les haricots, sont également touchés. Les maraîchers tentent de s'adapter en utilisant des variétés plus résistantes à la sécheresse, mais les pertes restent importantes.
Selon la chambre d'agriculture de Bretagne, la situation est « sans précédent » depuis 1976, année de référence en matière de sécheresse. Les rendements moyens des choux-fleurs, par exemple, sont en baisse de 50 % par rapport à une année normale.
Des conséquences économiques et alimentaires
Les conséquences économiques sont lourdes pour les exploitations. Les maraîchers, qui représentent une filière importante en Bretagne, avec plus de 3 000 emplois directs, voient leurs revenus chuter. Certains envisagent de demander des aides d'urgence.
Cette situation pourrait également avoir un impact sur les prix des légumes dans les semaines à venir. Les consommateurs pourraient voir une hausse des prix, notamment pour les choux-fleurs et les artichauts, qui sont des productions emblématiques de la région.
Les maraîchers appellent à une prise de conscience collective sur la gestion de l'eau et réclament des investissements dans des systèmes d'irrigation plus efficaces. En attendant, ils espèrent que les prochaines pluies, annoncées pour la fin du mois, permettront de limiter les dégâts.



