Jean Pascual, ancienne gloire du Pau FC, revient sur sa carrière et sa passion pour le football
Jean Pascual, ancienne gloire du Pau FC, revient sur sa carrière

Jean Pascual, une vie dédiée au football béarnais

L'ancien attaquant du FC Pau, Jean Pascual, a marqué de son empreinte le club béarnais dans les années 1980 avec 248 matchs disputés, 42 buts inscrits et 40 passes décisives délivrées. Aujourd'hui toujours actif dans le monde du football en tant qu'entraîneur, il revient avec nostalgie sur son riche parcours et une époque révolue du ballon rond.

Un parcours professionnel entre football et service public

Que devenez-vous Jean Pascual ? « Je travaille toujours à la mairie de Pau, au service des eaux, et j'ai encore deux ans et demi à faire avant la retraite. Eh oui, j'ai commencé tard à cause du foot ! » confie-t-il avec le sourire. Concernant le football, il avait mis entre parenthèses l'entraînement depuis deux ans après 29 années passées dans plusieurs clubs comme Lons, l'ESMAN, le Luy de Béarn, Bourbaki et Siros aux côtés de son ami Hervé Palacios. « J'avais fait un peu le tour » reconnaît-il. Mais cet été, Nicolas Cami, un autre ancien du Pau FC, lui a proposé un projet intéressant au FAMEB à Morlaàs. « Avec les dirigeants, je les remercie de m'avoir redonné envie de coacher » souligne-t-il avec enthousiasme.

Une implication totale dans le football local

Vous avez toujours été impliqué dans le foot à Pau et alentours ? « Le foot, c'est ma vie ! » lance-t-il sans hésitation. Né à Pau, il a débuté tout petit à Billère avant de rejoindre Bourbaki. Après un passage comme stagiaire pro à Saragosse en Espagne entre 1978 et 1980, il est revenu au FC Pau sous la direction de Jacques Foix. « Monsieur Foix comme on l'appelait parce que, international, AS Saint-Étienne, ça cause » se souvient-il avec respect. Depuis lors, il n'a jamais cessé de s'impliquer dans sa ville.

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Un destin bouleversé par un grave accident

Son long parcours au FC Pau de 1980 à 1992 aurait pu s'arrêter brutalement. En fin de saison 83, après un essai concluant à Cannes et la signature d'un contrat de non-sollicitation, un drame survient. « Le lendemain, je rentre de Cannes pour jouer la finale de Coupe d'Aquitaine. Eh bien ils m'ont attendu et je ne suis jamais arrivé pour jouer ce match… J'étais à Rangueil à Toulouse où j'ai passé dix jours dans le coma après un grave accident de voiture » raconte-t-il. Cet événement a été un traumatisme profond. « Je ne savais pas si je pourrais reprendre le foot et je n'avais plus trop envie de partir après ça » avoue-t-il. Mais il a su positiver : « J'étais content de jouer avec mes amis avec un challenge en tête, faire monter le club en Division 2 ».

Jean Pascual

  • Né le 3 décembre 1961, à Pau (64 ans)
  • Poste : Attaquant
  • Clubs : FC Pau (1976-1978), Réal Saragosse (1978-1980), FC Pau (1980-1992) et Mistral de Sherbrooke (Québec, 1989)

Des regrets et des fiertés

Il y a des regrets de ne jamais y être parvenu ? « Celui qui dit le contraire ne serait pas honnête. Bien sûr qu'on regrette parce qu'on aurait pu le faire, avec nos petits moyens et que des joueurs qui venaient de petits clubs de Pau » explique-t-il. Il évoque deux ou trois années où la montée en Division 2 s'est jouée à peu de choses. « Le plus mauvais souvenir, c'est à Niort quand on perd 1-0 et qu'on laisse échapper la montée à la dernière journée. On ne l'oubliera jamais » confie-t-il avec émotion.

Cette expérience rend d'autant plus significative l'évolution actuelle du club. Du coup, cela doit vous ravir de voir le club évoluer de la sorte et être désormais installé en Ligue 2 dans un stade comme le Nouste Camp ? « C'est que du bonheur de les voir jouer à ce niveau-là et il faut tirer un grand coup de chapeau à Bernard Laporte-Fray qui n'a jamais lâché » s'enthousiasme-t-il. Il salue la pérennité du club malgré les changements d'effectifs annuels. « J'avoue que je ne vais pas tout le temps aux matchs mais je suis à la télé quand je n'y vais pas. Nous, on avait notre petit stade à l'Ousse des Bois, c'était le top ! Quand les autres équipes y venaient, ce n'était pas facile pour elles. Le Nouste Camp me fait un peu penser à ça, en plus grand, plus moderne. Un petit stade chaleureux, c'est génial ! »

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L'aspect humain au cœur de son histoire

L'aspect humain a particulièrement marqué votre histoire au Pau FC ? « Je suis surtout très fier d'avoir joué pour mon club, pour ma ville. On n'aura jamais joué en D2 ni en D1 mais c'est déjà pas mal » déclare-t-il avec modestie. La nostalgie est palpable lorsqu'il évoque ses coéquipiers. « Mes coéquipiers, je les aimais tous et je suis très nostalgique. Il y en a deux en particulier, Fred Laborde et Patrick Liquet pour qui j'ai une amitié profonde. On est tout le temps ensemble ! »

Il partage également une expérience unique : « En 1989, avec Fred Laborde, on est parti jouer au Québec. Je venais de perdre mon père et, à l'époque, il y avait les annonces sur France Football. On a sauté sur l'occasion parce que c'était une saison qui durait 4-5 mois. On s'est régalé parce que, niveau football, on était pas mal par rapport à beaucoup, et les gens sont fantastiques là-bas. Ça faisait rêver et on l'a fait ».

La liste des amis de vestiaire est longue : « Après, Joël Lopes bien sûr avec qui on était copains d'enfance. Et puis il y a notre gardien, Popi Sesma, qui nous a malheureusement quittés récemment. La première fois que le FC Pau va en 16e de finale de Coupe de France (1984), c'est extraordinaire et c'est lui qui nous sauve la mise aux penalties. Perrin, Hagon, Haudecœur, Tamos… Je pourrais vraiment tous les citer ».

Une anecdote mémorable

Si vous deviez raconter une seule anecdote… « La première fois qu'on se qualifie pour les 16e de finale de Coupe de France, contre Besançon qui était en D2. On perd 1-0 à la maison au match aller et on fait 2-2 au retour. Avec la règle du but à l'extérieur, si on en mettait un autre on passait et, dans les arrêts de jeu, Marc Tamos envoie une frappe qu'on voit tous dedans. Mais Bernard Lama la sort ! » se remémore-t-il avec une pointe de déception.

Il ajoute avec fierté : « J'ai joué deux 16e de finale de Coupe de France, contre Nancy (1985), il y avait Bruno Martini dans les buts et Arsène Wenger entraîneur, et à Besançon, Bernard Lama. C'est pas mal quand même ! »

Mais au-delà du terrain, c'est le voyage vers Besançon qui reste gravé dans sa mémoire. « C'est le trajet pour aller à Besançon, en bus, pendant une grève des routiers, qui reste gravé. Cela avait été un périple terrible de 13 ou 14 heures pour arriver. Mais on était tellement bien ensemble, qu'on n'a pas vu le temps passer. Belote, tarot, chambrette… C'est un moment que je n'oublierai jamais » conclut-il avec émotion, résumant ainsi l'esprit d'équipe qui a marqué sa carrière.