L'Italie face au défi bosnien dans un barrage historique
Pour retrouver la scène mondiale après douze longues années d'absence, l'Italie doit impérativement sortir victorieuse ce mardi soir à Zenica d'une finale des barrages européens contre la Bosnie-Herzégovine. Cette confrontation présente toutes les caractéristiques d'un véritable piège pour la Nazionale, quadruple championne du monde mais absente des deux dernières éditions de la Coupe du Monde.
Une polémique qui envenime le contexte
La situation s'est considérablement tendue après les célébrations jugées excessives de Federico Dimarco, Sandro Tonali et plusieurs coéquipiers suite à la qualification bosnienne aux dépens du pays de Galles. Leur attitude devant les caméras de télévision a provoqué une vive polémique et profondément irrité leurs futurs adversaires ainsi que leurs supporters. Dimarco s'est depuis défendu d'avoir « manqué de respect à la Bosnie et aux Bosniens », mais le mal est désormais fait.
L'Italie tentera donc de décrocher son précieux visa pour l'Amérique dans un contexte particulièrement hostile et une ambiance électrique. Pourtant, seuls 8 800 spectateurs seront présents dans le stade Bilino-Polje de Zenica, situé à 70 kilomètres de Sarajevo. Cette limitation s'explique par une sanction de la FIFA infligée à la Bosnie pour comportement raciste et discriminatoire de ses supporters lors d'un match de qualification contre la Roumanie en novembre dernier.
La Bosnie, un adversaire ambitieux et motivé
Toute une nation se rassemblera derrière sa sélection, actuellement 66e au classement FIFA, qui vise une seconde participation à la Coupe du Monde après celle de 2014. L'expérimenté Edin Dzeko, âgé de 40 ans, incarne les espoirs bosniens. L'attaquant aux 73 buts en 147 sélections a lancé un avertissement clair : « L'Italie ne nous sous-estimera pas, mais elle n'a plus de Totti ni de Del Piero. Elle a de la qualité, mais une qualité différente de l'Italie d'autrefois. L'Italie peut beaucoup souffrir contre nous ».
Des conditions difficiles et des choix tactiques
Si l'ambiance s'annonce brûlante, les conditions météorologiques seront quant à elles hivernales, avec de la neige ces derniers jours et de la pluie prévue pendant le match. Face à ces éléments, Gennaro Gattuso a pris la décision de reporter de vingt-quatre heures le départ pour la Bosnie, initialement prévu dimanche. Ce délai permettra une ultime répétition sous le soleil de Coverciano, le centre d'entraînement du football italien situé près de Florence.
Le champion du monde 2006, qui a succédé à Luciano Spalletti en juin 2025 après une déroute à Oslo (3-0) en ouverture des éliminatoires, doit conjurer les fantômes de 2018 et 2022. Ces deux échecs traumatisants ont privé l'Italie des Mondiaux russe et qatari, chaque fois éliminée à domicile lors des barrages. La victoire sans éclat (2-0) contre l'Irlande du Nord jeudi à Bergame ne représente que la moitié du chemin.
Les incertitudes de composition et l'état d'esprit
Face à la Bosnie, Gattuso devrait reconduire l'équipe victorieuse contre les Nord-Irlandais. Toutefois, il pourrait donner sa chance au jeune phénomène Francesco Pio Esposito (20 ans), plutôt qu'à Mateo Retegui dont la prestation a déçu jeudi. Dimarco, son coéquipier à l'Inter, a souligné les qualités du jeune attaquant : « C'est un gamin spécial, en avance sur le plan mental et qui est toujours à 100% ».
Le latéral a également insisté sur l'importance de l'état d'esprit : « En tant qu'Italie, on a l'obligation de se qualifier pour le Mondial, mais on sait qu'on affronte une équipe forte, avec des joueurs expérimentés et de talent. Il faudra être fort mentalement. Si on a le bon état d'esprit pendant 95 minutes, on ramène à la maison le résultat qu'on espère ». Un résultat que toute l'Italie attend avec impatience, elle qui n'a plus vu sa sélection en Coupe du Monde depuis 2014 au Brésil, où l'aventure s'était terminée prématurément dès la phase de poules.



