Guy Novès : "Il faudra un grand Montpellier pour battre Toulouse"
Guy Novès : "Il faudra un grand Montpellier pour battre Toulouse"

Guy Novès, entraîneur légendaire du Stade Toulousain de 1988 à 2015 (dix titres de champion de France, quatre Coupes d’Europe), livre son analyse avant la finale du Top 14 qui oppose Toulouse à Montpellier. Il revient sur ses souvenirs, la culture de la gagne toulousaine et les clés pour Montpellier.

Un souvenir de 2011 et le statut de favori

Interrogé sur la finale de 2011, Novès se rappelle d’un match très difficile. « Montpellier avait failli gagner mais on arrive à décrocher la victoire sur la fin », explique-t-il. Aujourd’hui, Toulouse est donné ultra-favori, mais Novès relativise : « Ce sont les médias qui accordent ce statut de favori. » Il estime que les joueurs toulousains, forts de leur expérience du haut niveau, savent que le relâchement est préjudiciable. « Ce parfum de certitudes au sein de cette équipe, on le ressent. Et ça s’entretient, par exemple en soulignant les qualités de l’adversaire. Et Montpellier en a. »

La culture de la gagne à Toulouse

Comment le Stade Toulousain maintient-il cette culture de la victoire ? Novès répond avec humour : « Je n’en sais rien (rires). Quand on est un bon élève et qu’on a de bonnes notes, on a toujours envie d’avoir des bonnes notes. » Plus sérieusement, il souligne la transmission entre générations : « Je suis content de voir que les enfants de joueurs que j’ai connus, comme Romain Ntamack avec Émile, ils ont envie de faire mieux que leurs parents. Cette envie, elle se transmet. » Il met en avant l’organisation du club, avec un staff de 25 ou 30 membres et des spécialistes dans tous les secteurs. « Cette flamme s’entretient par une organisation sans faille. Ugo Mola et Didier Lacroix s’entendent très bien, par exemple. »

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La demi-finale record et la préparation

Novès a-t-il été bluffé par la demi-finale de Toulouse, où l’équipe a inscrit 71 points ? « Je sais qu’en phases finales, quand on n’a plus rien à gagner, on lâche un petit peu. Mais c’est vrai que 71 points, c’est incroyable. » Il note l’importance d’être dans les deux premiers pour éviter un barrage : « Faire un match de barrage en plus, ça use l’adversaire là où les membres du top 2 peuvent récupérer. On l’a constaté ce week-end. » Quant à l’idée que Toulouse aurait été moins fort ces derniers mois, il la rejette : « Moi, je n’ai rien perçu de ça. Quand vous êtes premiers avec autant de points d’avance, vous préparez la suite. L’objectif de Toulouse n’est pas d’être en demi-finale ou en finale, c’est d’être champion. Il y a eu du turnover pour préserver les joueurs qui font la différence. »

Les clés pour Montpellier

Pour Novès, « il faudra un grand Montpellier pour battre Toulouse. Et Montpellier peut le faire. » Il donne des conseils : « D’abord, croire en ses chances. Il ne faut pas que les joueurs aient le sentiment d’être inférieurs. Ensuite, faire douter l’adversaire. La qualité individuelle des joueurs est aussi très importante. » Il énumère les qualités de Montpellier : une conquête de qualité, en mêlée et en touche, avec d’anciens Toulousains comme Yacouba Camara (absent pour suspension) et Florian Verhaeghe. « Il faut que les joueurs se rendent compte qu’ils sont capables de faire de belles choses. Encore une fois, il faut croire en soi, et ça passe par les points forts. »

Le jeune staff de Montpellier et le banc

Interrogé sur le jeune staff de Montpellier, dirigé par Joan Caudullo, Novès est prudent : « Leurs résultats parlent pour eux. Maintenant, il ne faut pas avoir des bons résultats que de temps en temps. Il en faut dans la continuité. Ce jeune staff, il faut qu’on lui donne les moyens, c’est le plus important. » Concernant la profondeur du banc, il doute : « Est-ce que le banc de Montpellier est aussi relevé que Toulouse ? Je n’en suis pas sûr. Un groupe de quarante joueurs compétitifs est primordial. »

Pronostic

Malgré tout, Novès donne son pronostic : « Je ne suis pas concerné, donc je suis un peu plus à l’aise pour le dire (rire), même si je suis un mauvais pronostiqueur. Je vois Toulouse l’emporter. Mais encore une fois, il faut que les Montpelliérains aient foi en leur rugby. »

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