Le Paraguay, après avoir éliminé l'Allemagne aux tirs au but (1-1, 4-3), se prépare à affronter l'équipe de France en huitièmes de finale de la Coupe du monde, ce samedi 4 juillet à Philadelphie (23h). À la tête de l'Albirroja, un personnage hors du commun : l'Argentin Gustavo Alfaro, surnommé Laitue par ses amis d'enfance en raison de sa coupe de cheveux évoquant des plants de salade.
Un parcours atypique
Alfaro, 62 ans, dispute sa deuxième Coupe du monde après avoir été éliminé en phase de groupes en 2022 avec l'Équateur. Natif de Rafaela, il n'a jamais joué en première division argentine, mais s'est forgé une réputation d'entraîneur tacticien. Avant de prendre les rênes du Paraguay en août 2024, il a dirigé l'Équateur (2020-2022) et le Costa Rica (2023-2024). Son arrivée à Asunción a coïncidé avec le renouveau de l'équipe nationale, qui avait manqué les deux précédentes Coupes du monde.
Une défense de fer
Alfaro a basé son succès sur une défense solide, renouant avec la traditionnelle garra guarani (hargne et sacrifice). Lors des qualifications sud-américaines, le Paraguay a signé sept clean-sheets en dix-huit matchs, malgré une possession moyenne de seulement 37 %, la plus basse de la zone. Ils ont notamment battu le Brésil (1-0) et l'Argentine (2-1) à Asunción. Après une défaite initiale 4-1 contre les États-Unis, l'équipe s'est ressaisie avec un clean-sheet contre la Turquie (1-0), un match nul contre l'Australie (0-0) et la victoire contre l'Allemagne.
Un philosophe du football
Alfaro est connu pour ses conférences de presse fleuves, pouvant durer 45 minutes, et ses aphorismes. Il compare l'Argentine à « l'humidité qui s'infiltre partout », et dit de son métier de sélectionneur qu'il n'est « qu'un locataire ». Dans une interview au magazine So Foot, il confie avoir « sacrifié » sa passion pour le football sur l'autel des critiques. Il a écrit un livre, Chasseur d'utopies impossibles, où il affirme qu'aucun rêve n'est saugrenu.
Un lien avec la France
Sa fille Josefina travaille chez L'Oréal à Paris, ce qui lui a permis de visiter la capitale française. Il y a trouvé « une certaine magie » et « le rythme d'une chanson mélancolique ». Touché par l'affection des Paraguayens, il raconte l'anecdote d'un caissier de supermarché, Claudio, qui l'a serré dans ses bras en pleurant, disant : « Professeur, j'ai vraiment du mal à joindre les deux bouts, mon moment de bonheur c'est quand l'équipe nationale joue. »
Un défi de taille
Samedi, le Paraguay tentera d'égaler son meilleur parcours en Coupe du monde (quarts de finale en 2010). Alfaro, qui a forgé une « carapace » après des années de désillusions, espère galvaniser ses troupes face aux Bleus. « Le Paraguay sait faire déjouer ses adversaires », prévient-il. La France est prévenue : attention à la mauvaise salade.



