Les Bleus ont manqué leur demi-finale, mardi 14 juillet face à l’Espagne (0-2), sans qu’aucun ne soit véritablement au niveau de l’enjeu et de l’adversité. Si ce n’est le défenseur central.
Maignan et la défense en difficulté
Maignan 4 : "Magic Mike" avait égaré sa baguette. Il n’était pas loin mais il n’a pour une fois pas été magique sur le penalty d’Oyarzabal (22e). Une relance totalement manquée qui aurait pu coûter très cher (38e) et finalement l’impression qu’il n’a pas dégagé son autorité habituelle.
Koundé 3 : très discret offensivement, ce qui n’est pas nouveau, mais également sur la retenue malgré un très bon centre tendu vers Mbappé (45e+2). Défensivement, il s’est parfois laissé emporter dans l’engagement. Surtout, il ne monte pas assez vite sur le second but espagnol et couvre Porro.
Upamecano 6 : trop seul à être au niveau dans ce marasme. Une belle "passe laser" vers Olise (8e) mais surtout un impact toujours aussi impressionnant dans chaque duel. Encore là pour enlever la balle de but à Ruiz (38e) et globalement irréprochable si l’on excepte une passe en retrait dangereuse.
Saliba (non noté) : handicapé depuis le début du tournoi par son dos, tout s’est arrêté d’un coup pour le défenseur (29e) qui a stoppé sa course subitement. Un coup dur pour l’arrière-garde tricolore. Remplacé par Lacroix (30e), tout de suite dans le bon tempo mais trop vite monté sur l’action du second but espagnol (note 4).
Digne 2 : après avoir éteint Hakimi en quart, il a commis l’erreur très tôt face à Yamal. À ne pas prendre l’information dans une zone dangereuse, il l’a payé, déséquilibrant le Barcelonais et provoquant un penalty largement évitable (20e). Il a encore été pris par la vitesse de Yamal (38e). En souffrance extrême, encore, mais sauvé par le hors-jeu d’un bras du poison espagnol (61e). Remplacé par Théo Hernandez (72e).
Un milieu de terrain sans influence
Tchouaméni 3 : blessé et absent des deux derniers matches, le Madrilène a été préféré à Manu Koné qui avait assuré plus qu’un intérim. Mais il s’est obstiné à jouer très bas, entre les deux centraux, sans doute pour bloquer Olmo. Le jeu bleu en a pâti et Tchouaméni n’a pas eu l’influence attendue dans le duel.
Rabiot 4 : de la fébrilité pour commencer avec deux pertes de balle rapides et une faute dangereuse à l’entrée de la surface française qui lui a valu d’être averti. Passé proche d’un second jaune (45e+1), il a tout de même été présent à la récupération (8 ballons récupérés, meilleur total des deux équipes à la pause) dans un secteur clé où les Espagnols étaient supérieurs. Remplacé à la mi-temps par Manu Koné (46e, note 4), sans doute à cause de la menace que faisait planer l’avertissement. Le Romain a usiné, se projetant et permis aux Bleus d’avancer malgré tout.
Une attaque patraque
O. Dembélé 2 : face au Maroc, son but avait illuminé son match. Mardi, il n’y a eu aucun éclair, si ce n’est en toute fin de match avec deux frappes. Encore transparent en début de rencontre, sans aucun impact ni réussite. Passé ensuite en position de meneur à la demi-heure de jeu, à l’inverse du repositionnement vécu en ouverture face au Sénégal, il a continué d’accumuler le déchet, emprunté et à contre-sens.
Olise 2 : où était passé le magicien de la première moitié de tournoi ? Déjà moins en vue face au Maroc, Olise a cette fois affiché une forme de nonchalance étonnante, qui a abouti à des pertes de balle et une maladresse. Il échappe de peu à un avertissement, voire plus avec cet arbitre, après une intervention manquée sur Rodri (15e). Assez vite décalé à droite mais malgré tout méconnaissable, comme s’il avait perdu sa simplicité et sa spontanéité. Remplacé par Cherki (72e) qui a essayé, a percuté. En vain.
Barcola 3 : l’alternance à gauche a continué, cette fois en faveur de Barcola, remplaçant face au Maroc au profit de Doué. Auteur de la première accélération (6e) de la partie, "Barco" a affiché une envie de provoquer mais, comme l’équipe, il a bien trop manqué de précision. Remplacé par Doué (57e), volontaire mais lui aussi sans véritable influence.
Mbappé 3 : son mauvais visage est tombé… le mauvais jour. Alors que sa cheville avait suscité des craintes après le quart de finale, il n’a pas paru en souffrir et a lancé sa demi-finale avec de timides fulgurances et une transversale vers Dembélé totalement manquée (13e). Parti en profondeur à la limite du hors-jeu, il est repris à deux reprises par le portier espagnol Simon, sorti très vite de sa surface (42e, 82e). Bien trop peu en vue, décodé par ses adversaires, il a forcé un tir excentré (65e) avant de voir sa frappe dangereuse détournée par Cucurella (67e). Frustré à l’extrême, à l’image de ce pied qui traîne sur le gardien (86e).



