Vendredi 15 mai, veille de la première course du week-end et avant la fermeture officielle du tracé, les pilotes et ingénieurs de Formule E ont effectué leur traditionnel trackwalk dans les rues de Monaco. Une reconnaissance à pied menée notamment par l’écurie indienne Mahindra Racing, avec ses deux pilotes Edoardo Mortara et Nyck de Vries.
Une reconnaissance sous circulation
Le circuit de Monaco n’était pas encore fermé à la circulation vendredi, mais qu’importe : pilotes et ingénieurs ont tout de même pris possession des rues de la Principauté à pied. C’est une particularité monégasque : c’est la seule manche du calendrier où la reconnaissance se déroule alors que la circulation est encore maintenue. « Ce n’est pas très agréable d’avoir des voitures qui vous frôlent à chaque virage », avoue Edoardo Mortara, pilote de l’écurie Mahindra, qui a effectué le tour du circuit monégasque vendredi matin aux côtés de son coéquipier Nyck de Vries et des ingénieurs de l’équipe. « Mais les autorités ne peuvent pas maintenir le tracé fermé simplement pour une reconnaissance à pied. D’autant plus que chaque écurie s’organise comme elle le souhaite. Certains l’ont effectuée dès jeudi. »
Des modifications annuelles du circuit
Chaque année, à l’approche de la saison automobile en Principauté, le circuit est réasphalté et des variations, aussi minimes soient-elles, peuvent modifier le comportement des voitures. « Celle qui nous a le plus frappés cette année, c’est la chicane du port. Le vibreur intérieur semble un peu moins haut que les années précédentes. Quand on va conduire, ces changements auront un certain impact. Si on les a repérés à pied, on peut adapter nos lignes en conséquence », commente Edoardo Mortara.
Jérémy Colançon, directeur de la performance chez Mahindra, détaille l’intérêt de ce tour de circuit en dehors de la voiture. Le trackwalk s’appuie sur une préparation vidéo en amont, puis sur la reconnaissance physique. « Globalement, le niveau d’adhérence est plutôt bon sur toute la piste. Mais avant les virages 3 et 4, on a des courbes assez brusques en entrée avec des changements de relief et des inclinaisons différentes. Ce sont des zones où ça peut faire la différence. » La sortie du tunnel a aussi retenu son attention : le nouveau tarmac y génère des zones plus ou moins bosselées, un détail qui compte à ces vitesses.
Le mode attaque, une zone stratégique
Ancien pilote de Formule 1 devenu champion du monde de Formule E en 2021, Nyck de Vries met de son côté en avant une zone stratégique propre à la discipline : l’emplacement du mode attaque, situé au niveau du Casino. Ce couloir hors trajectoire oblige les pilotes à quitter la ligne idéale pour activer un surplus de puissance. « Tu dois appuyer sur un bouton et passer par les zones de détection. Si tu rates la zone de détection, tu as perdu du temps en couvrant plus de distance, et en plus tu n’as pas activé le mode attaque », explique le Néerlandais.
Double format, double stratégie
Les 10e et 11e éditions de l’E-Prix de Monaco introduisent un double format. Samedi, la course inclura un arrêt aux stands, avec une énergie légèrement supérieure par tour. Dimanche, l’énergie sera plus contrainte, ce qui impose une gestion différente dès le départ. « Au début, les voitures vont chercher à économiser pour pouvoir terminer à un rythme plus rapide et choisir le bon moment pour attaquer », anticipe Jérémy Colançon. La topographie monégasque, avec ses montées et ses descentes, complique encore le calcul. Le freinage du virage 10, en sortie de tunnel, s’impose dans ce schéma comme le point névralgique. « C’est un freinage très important qui conditionne tout le secteur 3. C’est là qu’on peut commencer à verrouiller les autres voitures si on est bien placé », a insisté le directeur de la performance.
Pour Edoardo Mortara, l’enjeu de ces deux courses est aussi personnel. « Monaco n’a jamais été le circuit où j’ai réussi de très bons résultats. J’espère que ce sera le cas cette année. » Nyck de Vries, lui, a retenu une leçon simple du tracé monégasque : « Il faut rester discipliné. C’est une piste où la moindre erreur coûte très cher. »



