Dordogne : le football amateur paralysé par les intempéries et le manque de terrains synthétiques
Football en Dordogne : intempéries et manque de terrains synthétiques

Le football amateur en Dordogne face à une crise sans précédent

Les intempéries persistantes des dernières semaines ont totalement bouleversé le calendrier des compétitions de football dans le département. À l'approche des élections municipales, Jonathan Blondy, président du District de la Dordogne, lance un appel urgent aux candidats pour remédier à une situation critique qui affecte près de 14 000 licenciés.

Un calendrier sportif en lambeaux

Une journée complète de championnat départemental a dû être reportée à deux reprises, tandis que des matches régionaux sont déjà programmés pour le week-end de Pâques. Les entraînements se déroulent désormais dans des gymnases, voire des hangars, faute de terrains praticables. Depuis deux mois, les 108 clubs qui maillent le territoire départemental fonctionnent au ralenti, privant des milliers de passionnés de leur pratique sportive régulière.

Le cri d'alarme du président du District

« On est le parent pauvre en Nouvelle-Aquitaine », déplore Jonathan Blondy. « Nous ne disposons que de trois terrains synthétiques, et aucun n'a été construit pendant la mandature de Saïd Ennjimi de 2017 à 2024. Aujourd'hui, c'est une nécessité absolue. » Le président souligne que la Dordogne est particulièrement sous-équipée comparée à ses voisins, citant l'exemple de la Charente qui dispose du double de terrains synthétiques pour un nombre similaire de clubs et de licenciés.

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Les terrains synthétiques : une solution économique à long terme

Le débat tourne inévitablement autour des questions financières, dans un contexte où les collectivités locales sont sous tension budgétaire. Un terrain synthétique représente un investissement de 1 à 1,2 million d'euros, mais son entretien reste dérisoire pendant quinze à vingt ans, surtout compte tenu des subventions disponibles. « C'est moins coûteux que l'entretien d'un terrain en herbe sur la même durée », argumente Jonathan Blondy.

Des projets en attente et des promesses électorales

Le District est prêt à accompagner les collectivités, tant administrativement que financièrement, notamment via le Fonds d'aide au football amateur (Fafa) versé par la Fédération française de football. Jonathan Blondy estime qu'il faudrait deux ou trois terrains synthétiques supplémentaires d'ici 2028 pour quadriller correctement le département, avec des besoins identifiés dans l'agglomération de Périgueux, le Montponnais, Sarlat et le nord de la Dordogne.

Certains projets commencent à émerger dans les programmes électoraux : à Sarlat et Sanilhac, les deux listes candidates ont inclus la construction de terrains synthétiques dans leurs propositions. À Montpon et Saint-Astier, un candidat en fait également une priorité. Cependant, ces initiatives restent pour l'instant au stade des promesses.

Une mutualisation nécessaire des équipements

Le président du District élargit le spectre des utilisateurs potentiels pour justifier ces investissements : « On peut tracer des lignes de football, de rugby, d'athlétisme, ce qu'on veut. Ces équipements peuvent être utilisés par plusieurs clubs, mais aussi par des scolaires voire des Ehpad. » Cette approche multifonctionnelle permettrait de maximiser l'utilisation des installations et de partager les coûts entre différentes entités.

Les conséquences immédiates pour les clubs

En attendant des solutions durables, les clubs doivent faire face à des situations difficiles. Certains terrains, comme celui de Tocane-Saint-Apre, sont restés inutilisables pendant des semaines. Si de nouvelles intempéries surviennent, les amateurs devront jouer en semaine, les jours fériés, voire le vendredi soir et le dimanche après-midi suivant pour pouvoir terminer les compétitions dans les délais.

Jonathan Blondy prépare une lettre ouverte à destination des municipalités, espérant que les élections municipales seront l'occasion de faire avancer ce dossier crucial pour l'avenir du football amateur en Dordogne. En attendant, toute une filière sportive retient son souffle, entre espoir de voir enfin aboutir des projets longtemps attendus et crainte de nouvelles perturbations météorologiques.

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