L'élevage García Jiménez, récemment couronné du Prix de la meilleure corrida à la Feria de Séville, se présente ce vendredi 14 août aux arènes de Béziers. Ce fer, adoré des figuras pour sa noblesse et sa régularité, est souvent décrié par les aficionados les plus orthodoxes, qui lui reprochent un manque de transmission et une bravoure trop discrète.
Un élevage emblématique de la tauromachie moderne
Installée au cœur de la province de Salamanque, la ganadería de García Jiménez est la propriété de l'influente dynastie taurine des Matilla, une puissante famille à la triple casquette d'éleveurs, d'apoderados et d'organisateurs de corridas. Façonné au fil des décennies par des apports successifs de la galaxie Domecq, l'élevage s'appuie sur une génétique purement Juan Pedro Domecq.
Le ganadero y recherche avant tout un toro à la morphologie harmonieuse, capable d'enchaîner des charges fluides, empreintes de classe et de noblesse. Prisé par les plus grandes stars de l'escalafón, cet animal s'apparente plus souvent à un collaborateur idéal pour façonner des faenas artistiques qu'à un adversaire imprévisible et exigeant qu'il faudrait dominer.
Un palmarès éclatant, des critiques persistantes
Gage d'un fort rendement en oreilles et de triomphes à répétition, le fer a une nouvelle fois marqué les esprits en signant une corrida majeure à Séville, récompensée du Prix de la meilleure corrida de la Feria d'avril. Pourtant, le nom de García Jiménez fait régulièrement débat chez les aficionados dits orthodoxes.
Les partisans du courant « toriste » reprochent souvent à ces toros un manque de transmission, d'exigence et une bravoure trop discrète sous la pique. Pour ses détracteurs, ce fer incarne les dérives de la tauromachie moderne : une forme d'uniformisation du spectacle, où des élevages de même sang sont inlassablement combattus par le même cercle fermé de matadors.
Un enjeu majeur pour la corrida biterroise
Il n'en demeure pas moins qu'un lot de García Jiménez combinant sa noblesse naturelle à une pointe de race offre un terrain d'expression idéal. Ce sera tout l'enjeu du rendez-vous biterrois du 14 août. Si le bétail répond présent, la corrida permettra de révéler toute l'étendue des registres différents des trois toreros : le pouvoir et la variété de Andrés Roca Rey, la profondeur d'Emilio de Justo et l'élégance pure de Juan Ortega.



