Le défenseur international camerounais de Montpellier Enzo Tchato s’est émancipé au cours de cette saison en Ligue 2 qui se boucle samedi 9 mai au Red Star. Dans un entretien, il revient sur son parcours, ses difficultés et ses espoirs.
Une saison de construction
« Je vais retenir le positif, explique Tchato. On est reparti de zéro, on a construit une chose solide avec l’équipe et le staff. Les six premiers mois ont été difficiles, le staff a mis du temps à trouver la bonne formule. Une fois que ça a pris, c’est bien parti. On a commencé à mieux jouer ensemble et se comprendre. »
La relégation, un cauchemar
Le joueur formé au club évoque la descente en Ligue 2 : « Ce n’est pas évident d’accepter de jouer en Ligue 2. Faire partie de l’équipe qui fait descendre son club formateur, c’est un échec et ça fait mal. La fierté en prend un coup. Jusqu’au premier match de Ligue 2, je n’avais pas réalisé. Il fallait remettre les pieds sur terre. »
Une progression personnelle
Avec le recul, Tchato estime que la relégation a été bénéfique : « Totalement. Elle m’a permis de vraiment me montrer, de me libérer, d’être performant et de prendre confiance. C’est une saison qui m’a fait passer un cap et grandir sur beaucoup d’aspects. Je suis plus pro, par exemple au niveau de l’hygiène de vie, plus adulte dans ma vie. J’ai passé le cap du petit jeune qui arrive du centre. Cette saison lance vraiment ma carrière. »
Le rôle de Zoumana Camara
Interrogé sur l’entraîneur Zoumana Camara, Tchato déclare : « C’est vraiment un coach qui m’a appris beaucoup de choses au niveau tactique et de l’animation. Et je sais que si j’en suis là et que j’ai réussi cette progression, c’est notamment grâce à lui. Avec Nico (Pays), on s’est approprié le poste. On se comprend d’un regard, on se trouve facilement. »
Le soutien des supporters
Le défenseur a parfois été la cible du public. « Cela n’a pas été facile. Ne pas se sentir ‘aimé’ par les supporters de son club formateur, ce n’est pas évident. Cela a mis du temps pour que je puisse faire avec. Par moments c’était justifié, d’autres fois j’avais l’impression que tout ce qui pouvait arriver, c’était forcément ma faute. Cette saison, je suis devenu plus mature. J’ai appris à séparer les choses. Les choses ont un peu tourné en ma faveur. Je ne vais pas me cacher, ça fait du bien quand on vous fait des éloges. C’est une petite revanche personnelle, mais je n’ai pas de rancœur. »
L’influence de Rigobert Song
Tchato évoque sa rencontre avec l’ancien sélectionneur du Cameroun : « J’ai vraiment eu le sentiment d’avoir un grand frère. Il m’a parlé pendant une heure et demie dans sa chambre d’hôtel, m’a expliqué pas mal de choses, m’a promis de jouer la CAN. Il a vu en moi quelque chose que peut-être d’autres n’avaient pas vue. Au retour de la CAN 2024, j’étais un autre joueur, un autre homme. »
Objectif sélection et avenir
Le retour en sélection camerounaise reste un objectif : « Cela faisait partie de mes objectifs de début de saison. Malheureusement, cela ne s’est pas fait. Cela reste un objectif très clair pour moi. » Quant à son avenir, à 23 ans et sous contrat pour un an, il reste ouvert : « La question vient naturellement. Peut-être qu’il faut aller voir ailleurs pour passer un cap. La saison s’est plutôt bien passée. Au niveau contractuel, on va voir ce qui sera mieux pour moi et pour le club. Je me sens bien dans le groupe et avec le coach ça se passe très bien. S’il y a des opportunités pourquoi pas ? Mais je ne suis pas pressé. »



