Un entraîneur poursuivi pour agression sexuelle retrouve un poste à Nîmes, créant la polémique
Entraîneur poursuivi retrouve poste à Nîmes, polémique

Un entraîneur poursuivi pour agression sexuelle retrouve un poste à Nîmes, créant la polémique

L'entraîneur principal du Nîmes Foot Féminin, un homme de 29 ans, est actuellement sous le coup d'une enquête de police pour agressions sexuelles et corruption de mineur, des faits remontant à mai 2025 lorsqu'il était responsable de la section féminine de La Maladrerie Omnisports Caen. Malgré ces poursuites judiciaires, il a retrouvé un poste d'entraîneur à Nîmes après la fin de sa suspension administrative de six mois, le 24 décembre 2025, une situation qui provoque des remous au sein du club gardois évoluant en Régional 1.

Une situation légale mais controversée

D'un point de vue strictement juridique, cet entraîneur a tout à fait le droit d'exercer, car il est présumé innocent dans l'attente des résultats de l'enquête policière, dont une convocation est prévue ce mercredi après neuf mois d'investigations. Sa présence au club a été validée par le conseil d'administration du Nîmes Foot Féminin et soutenue par plusieurs joueuses, qui ont sollicité des échanges pour exprimer leur confiance.

Tatiana, la vice-capitaine de l'équipe, explique : "Il a tout de suite été honnête sur sa situation. Il nous a dit qu'une enquête est en cours et il nous a présenté son projet sportif. Moi, je ne suis personne pour juger ce qu'il a fait. On a décidé de lui faire confiance. Je n'ai jamais eu un coach aussi bienveillant envers des joueuses. Depuis qu'il est là, tout se passe très bien." Cet avis semble majoritaire parmi l'effectif, d'autant que l'équipe réalise une belle saison sur le terrain.

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Des divisions internes et des comportements jugés inappropriés

Cependant, la situation ne fait pas l'unanimité. Une joueuse qui ne cautionne pas la présence de cet entraîneur souligne : "Il a présenté sa situation l'été dernier à certaines joueuses de l'équipe mais tout le monde n'était pas au courant jusqu'à ces dernières semaines. Il est arrivé en novembre, bien avant la fin de sa suspension. À partir de janvier, il a pris la place de l'entraîneur en place. On savait que, pour le club, il fallait ne rien dire et il fallait que ça ne se sache pas."

Elle ajoute des critiques sur ses comportements : "Je n'adhère pas à sa manière de se comporter. Avant les matchs à l'extérieur, il s'occupe lui-même des massages, il participe aux sorties d'équipe après les matchs, il suit des joueuses sur les réseaux sociaux, même des U18. Selon moi, ce sont des comportements inappropriés pour un éducateur sportif."

La démission d'un co-président et les réactions du club

Ces tensions ont eu des répercussions dans les hautes sphères du club. Prévenu par son homologue de Caen, le co-président Laurent Pouget a démissionné il y a quelques jours, en désaccord avec sa binôme à Nîmes. Il déclare : "Quand je l'ai su, j'ai appelé la coprésidente, elle m'a dit qu'il était présumé innocent. Moi, je ne voulais pas qu'il reste. On a fait une réunion le 4 mars pour en parler mais ça n'a gêné personne. J'ai préféré me retirer."

Romane, joueuse et membre du conseil d'administration, conteste cette version : "Dans aucune réunion, il ne s'est opposé à la présence de l'entraîneur. On ne comprend pas ce qu'il est en train de faire. On pense qu'il veut nous mettre des bâtons dans les roues. Notre position est claire : si notre entraîneur était reconnu coupable, on s'en séparerait. En attendant, tout se passe très bien."

Il est à noter que ni l'entraîneur concerné ni la présidente du club nîmois n'ont souhaité que leur identité soit dévoilée dans cet article, et la dirigeante n'a pas voulu s'exprimer. Cette affaire met en lumière les défis éthiques et sportifs auxquels sont confrontés les clubs de football féminin face à des situations judiciaires délicates.

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