Anthony Dupré, le directeur sportif de Nîmes Olympique, revient sur la résurrection du club
Dupré : "Personne ne nous a vus revenir" à Nîmes Olympique

Anthony Dupré, l'architecte de la résurrection de Nîmes Olympique

Dans une interview exclusive accordée à Midi Libre, Anthony Dupré, le directeur sportif et vice-président de Nîmes Olympique, revient sur la spectaculaire remontée du club en National 2. À 31 ans, ce Parisien d'origine, ancien gardien de but, est le bras droit du président Thierry Cenatiempo et le manager général des catégories jeunes. Huit mois après le redémarrage du projet, il livre un bilan sans filtre.

Un engouement retrouvé malgré les défis

"Tout le monde nous avait enterrés, personne ne nous a vus revenir", déclare Dupré avec un sourire, en référence aux débuts difficiles de la saison. L'interview qu'il avait accordée en août, lue 125 000 fois, témoigne de l'attente autour de ce nouveau projet. "Ça veut dire que même en N2, les gens suivent et aiment ce club", analyse-t-il. Le paradoxe ? L'engouement avait disparu ces dernières années, mais Dupré l'avait prédit : "nouveau projet = des gens qui réadhèrent". Aujourd'hui, plus de 5 000 spectateurs assistent aux matches, un succès qu'il attribue à un projet "à taille humaine et avec des valeurs".

Recrutement et stratégie : les clés du succès

Durant l'été, Dupré a recruté 20 joueurs en 26 jours, une performance qu'il justifie par ses convictions. "Pour être convaincant, il faut être convaincu", affirme-t-il. Parmi les pépites, Micka Salamone, avec 11 clean sheets, et Isma Dramé, qui voulait arrêter le football. Satisfait du mercato, il a déjà prolongé 11 joueurs jusqu'en 2028 pour garder une ossature solide. Pour l'équité, aucune recrue ne touchera plus que le joueur le mieux payé au même poste. "C'est plus facile de recruter quand on est Nîmes Olympique aujourd'hui que le 15 juillet dernier", confie-t-il, tout en reconnaissant la difficulté des séparations à venir.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Tensions internes et caractère affirmé

En janvier, des remous ont éclaté autour de la composition d'équipe, créant un désaccord avec l'entraîneur Mickaël Gas. Dupré assume son style interventionniste : "Je donne mon avis parce que je pense être à même de le donner". Le président Cenatiempo a apaisé la crise, rappelant que "ce n'est pas untel contre untel, c'est un groupe et un club ensemble". Dupré, décrit comme entier et clivant, assume : "Je n'ai pas besoin d'être aimé par tout le monde. Je suis moi-même".

Ambitions pour la saison et au-delà

Initialement, l'objectif était d'être dans les 6-7 premiers à Noël ; le club est 3e à la trêve. Pour Pâques, Dupré vise à être à 3 points du leader, et pour l'Ascension, "mon envie, et celle de tout le monde, c'est d'être premier". Cependant, il tempère : "La montée en Ligue 3, c'est une envie, pas un objectif". Seule la première place assure l'accession, mais la deuxième pourrait valoir un repêchage, car seuls quatre clubs de la poule remplissent les critères stricts de la Ligue 3.

Engagement et avenir

Malgré des offres alléchantes, dont une d'un club de Ligue 2, Dupré reste fidèle à Nîmes : "J'ai mis trop de mon cœur et de mon âme pour constituer ce groupe et partir comme ça". Il gère aussi la formation, qu'il estime nécessiter une restructuration après des années de laisser-aller. Avec une masse salariale de 750 000 € pour 30 personnes, soit un salaire moyen de 2 100 € brut, il respecte scrupuleusement le budget. En conclusion, il résume : "Nîmes Olympique, c'est énergivore mais hyper plaisant".

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale