Deschamps, 14 ans aux Bleus : ultime aventure sereine
Deschamps, 14 ans aux Bleus : ultime aventure sereine

Didier Deschamps dirige l'Équipe de France pour la dernière fois cet été. Le Basque de 57 ans, habitué à masquer ses émotions, ressent pourtant une forte pression intérieure. Ses proches le décrivent comme encore plus minutieux que jamais.

Un monument du football français

Deschamps a dirigé 178 matchs de la sélection, avec un taux de victoires de 64,6 % toutes compétitions confondues et 73,7 % en Coupe du monde (14 victoires en 19 matchs). Sacré sur le terrain en 1998 et sur le banc en 2018, il est une légende du football tricolore. En janvier, il a annoncé son départ après le Mondial.

Des adieux émouvants

Le 14 mai, jour de l'anniversaire de son fils unique, il a dévoilé sa dernière liste, la 70e depuis 2012. Il a confessé avoir refréné ses larmes : « J'ai parfois caché mes émotions, mais aujourd'hui je suis dans l'émotion. » Il a vite repris le contrôle, refusant de parler de son avenir ou de celui des Bleus.

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« Dans la tête, il est tranquille, serein. Il donne l'impression qu'il sera encore là après. Il est habité et pro jusqu'au bout des ongles. Il fait attention à tout, c'est même pire qu'avant », s'amuse un proche. Son adjoint Guy Stéphan ajoute : « L'atmosphère est plus paisible et détendue autour de lui. Depuis qu'il a annoncé son départ, on le sent. »

Une gestion humaine remarquable

Outre son palmarès, Deschamps laisse un héritage de gestion humaine. Il s'est toujours adapté aux générations, même à la jeunesse actuelle plus impatiente et égocentrée. « Les joueurs sont sensibles au fait qu'il les protège », insiste Stéphan. « Il a une maîtrise émotionnelle importante, pas de réactions excessives, ça rassure tout le monde. »

En 2018, lors de l'épisode de l'extincteur dégoupillé par Adil Rami, Deschamps a transformé l'incident en force par une blague. « Si tu es éliminé, c'est un petit Knysna. Là, c'est l'histoire rigolote », sourit un proche.

Un sélectionneur qui se réinvente

Un proche note un déclic en 2016 après la demi-finale de l'Euro contre l'Allemagne : il aurait mieux géré ses émotions et su parler aux joueurs avant les grandes compétitions. « Il voit tout, assimile tout. Avec les jeunes, il se réinvente et les comprend. Si Zidane lui succède, je lui souhaite bon courage. »

Stéphan admire sa capacité à gérer les egos et à créer un cadre. Chahuté pour son jeu pragmatique, Deschamps bâtit une équipe plus offensive pour cet été. « À partir du moment où les joueurs offensifs font la différence, il n'y a pas de raison de ne pas les faire jouer », explique l'adjoint. L'adieu réussi de Deschamps dépendra de leur rendement.

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