Caio Adrio, le pivot brésilien du TMF, clé pour les play-offs de D1 futsal
Caio Adrio, pivot brésilien du TMF, clé pour les play-offs

À l’aube d’un match capital pour la qualification en play-offs de D1 futsal ce samedi 30 mai 2026 (16h), le Toulon Métropole Futsal compte plus que jamais sur son pivot brésilien Caio Adrio. Quinze jours après la douloureuse finale de Coupe nationale perdue face à Nantes, le géant de 1,90 m, formé à l’école de la rue, s’apprête à retrouver les Nantais avec un esprit de revanche et une foi inébranlable.

Un talent forgé dans la rue

Pieds nus, dans la rue, ou en tenue sur un petit terrain de quartier, une tête dépasse : celle de Caio Adrio. Alors âgé de 11 ans, il raconte son quotidien dans un reportage pour la télé brésilienne. Sombrero et but de volée, doubles contacts... Les gestes techniques sont déjà là. Fruits d’une enfance « à jouer au ballon toute la journée si c’était possible » dans sa ville natale d’Aracaju (Nordeste). Près de vingt années ont passé et Caio Adrio Menezes Nascimento, de son nom complet, n’a, en apparence, pas beaucoup changé. Le pivot toulonnais, 1,90 m, rend une tête à ses partenaires et il semble constitué de glu pour aimanter le cuir, histoire d’aider son équipe à avancer ou à créer une situation de tir. « Garder le ballon, c’est mon travail. Je ne peux pas le perdre. Ça, ça vient de la rue. » Et son envergure « naturelle » d’albatros, qu’il utilise volontiers, aide beaucoup.

Un pivot déterminant

Grâce à cela, il est devenu un vrai point d’ancrage, capable de peser sur l’adversaire. Ce rôle de pivot fixe, voulu par Sergueï Padalinski, il a appris à l’aimer. Et l’a par exemple tenu à merveille il y a quinze jours en finale de Coupe nationale, perdue aux tirs au but face à Nantes. « Je n’avais pas marqué mais je pense que je leur avais fait mal à la tête, sourit-il. Bon, j’aurais préféré être nul et qu’on gagne... » Il y aura de la revanche dans l’air ce samedi, alors que les deux équipes s’affrontent à nouveau pour l’ultime journée de championnat (16h). « Une autre finale », qui peut envoyer Toulon en play-offs de D1 en cas de succès. « C’est l’objectif que j’ai en tête depuis mon arrivée. Ce serait une grande déception de ne pas se qualifier. Globalement, la saison a été positive, mais elle n’est pas finie ! C’était dur au début parce que j’étais blessé aux ischios et qu’on n’a jamais eu une équipe au complet », ajoute celui dont les stats (6 buts, dont 4 lors des deux dernières journées, et 4 passes décisives) ne traduisent ni son impact ni son investissement comme premier défenseur.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une clé contre le pressing

« Caio est un élément très important dans notre modèle de jeu. Grâce à lui, nous sortons du pressing sans difficulté et, d’ailleurs, beaucoup d’équipes n’essaient même plus de nous presser. Il protège très bien le ballon et nous donne le temps d’entrer dans notre phase offensive, reconnaît son coach. C’est un joueur très puissant physiquement, avec un gros gabarit et il a beaucoup progressé cette saison. » Le Brésilien a débarqué cet été, après la disparition de l’AC Ajaccio, avec qui il venait de remporter le titre en D2. « J’avais prolongé jusqu’en 2027 et puis en août, on apprend que le club disparaît. C’est terrible, ça fait mal. » S’il rebondit vite à Toulon, il laisse sa femme et ses deux enfants (7 et 11 ans) en Corse. « Quand tu as une famille, tu ne peux pas bouger trop loin. Là, ça va. En plus, on est au bord de la mer », glisse-t-il.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La religion et le retour aux sources

Si on disait que Caio Adrio n’a pas beaucoup changé, cet évangéliste à la croix tatouée dans le cou assure qu’il est devenu « un meilleur homme, un meilleur papa et un meilleur mari » grâce à la religion, embrassée il y a une dizaine d’années. Retour au Brésil : « J’ai traversé des moments difficiles et j’ai voulu en apprendre plus sur cet homme qui prêchait de tendre l’autre joue... » Cela coïncide avec une période de doutes sur le plan sportif. Passé par les U17 de Fluminense, un des clubs phares de Rio, il n’arrive pas à percer au football à 11. Il réalise qu’il ne s’y amuse plus. Revenu à Aracaju, il retrouve ses potes, le plaisir des « peladas » (matches improvisés) et ses premières amours : le futsal, qu’il commence « à prendre au sérieux ». Caio croit son destin déjà écrit. Quatre clubs en deux ans et un titre régional plus tard, il s’envole pour le Sporting Paris, sur les conseils d’Augusto, un ancien partenaire qui a aussi évolué dans la capitale. Le voilà désormais, à 30 ans, à l’orée de sa septième saison en France. La suite ? Il ne sait pas. Mais un jour ou l’autre, il retournera rejouer dans la rue, là où tout a commencé.

Les enjeux de la dernière journée

Avant la dernière journée disputée ce samedi, trois équipes peuvent encore terminer à la 4e place, synonyme de play-offs et d’une demi-finale contre Laval : Le TMF... s’il s’impose à Nantes et Goal FC ne bat pas Montpellier. Nantes... s’il bat Toulon. Ou bien s’il fait match nul et Goal FC ne s’impose pas face à Montpellier. Goal FC... s’il bat Montpellier et Nantes perd face à Toulon.